En Iran, la sœur du guide suprême dénonce un régime "despotique" : "Je m'oppose aux actions de mon frère"

Elle a apporté son soutien au mouvement de contestation qui secoue le pays.

FILE - In this picture released by the official website of the office of the Iranian supreme leader, Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei speaks during a meeting with a group of Basij paramilitary force in Tehran, Iran, Nov. 26, 2022. The niece of Iran's supreme leader is calling for people to pressure their governments to cut ties with Tehran. Farideh Moradkhani, whose uncle is Ali Khamenei, issued the call in a video statement circulated after her Nov. 23 arrest, reported by the U.S.-based rights monitor HRANA. (Office of the Iranian Supreme Leader via AP, File)
L'Ayatollah Ali Khamenei, gui suprême de l'Iran (Office of the Iranian Supreme Leader via AP, File) ©AP

La sœur du guide suprême de la République islamique d'Iran a dénoncé un régime "despotique" et apporté son soutien au mouvement de contestation, déclenché il y a près de trois mois par la mort de la jeune Mahsa Amini. "Je m'oppose aux actions de mon frère" Ali Khamenei, écrit Badri Hosseini Khamenei dans une lettre rendue publique mercredi sur internet par son fils basé en France, Mahmoud Moradkhani.

"J'exprime ma sympathie envers les mères qui pleurent les crimes commis par le régime de la République islamique depuis l'époque (de son fondateur l'ayatollah Rouhollah) Khomeiny jusqu'à la période actuelle du califat despotique d'Ali Khamenei", poursuit Mme Hosseini Khamenei, qui se trouverait en Iran.

L'Iran est le théâtre de manifestations depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, arrêtée trois jours plus tôt, qui avait été accusée de ne pas avoir respecté le code vestimentaire imposant aux femmes de porter le voile en public.

Des portraits du guide suprême ont été brûlés, des femmes ont parcouru les rues sans voile et des manifestants ont défié les forces de sécurité.

La répression du mouvement a fait au moins 448 morts, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo.

Les autorités ont arrêté des milliers de personnes, dont 11 ont été condamnées à mort dans des procès liés aux manifestations.

Invoquant des problèmes de santé l'empêchant de prendre part aux protestations, Badri Hosseini Khamenei s'en est pris à son frère qui "n'écoute pas la voix du peuple".

Elle a aussi appelé le puissant corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, à "rejoindre le peuple avant qu'il ne soit trop tard".