"Je suis profondément choqué par les bombardements aériens et d'artillerie continus par les Forces de défense israéliennes à Gaza", ayant tué plus de 200 Palestiniens, dont une soixantaine d'enfants, a-t-il dit. "La poursuite des tirs aveugles de roquettes par le Hamas et d'autres groupes militants vers des centres de population en Israël" ayant fait une douzaine de morts dont deux enfants, "est également inacceptable", a-t-il ajouté.

"S'il y a un enfer sur terre, c'est la vie des enfants à Gaza", a-t-il estimé.

La réunion de l'Assemblée générale, à laquelle participent une douzaine de ministres, a été convoquée à la demande du Niger et de l'Algérie, respectivement présidents en exercice de l'Organisation de la Coopération islamique et du Groupe arabe aux Nations unies.

"Il est impératif de parvenir à une désescalade, pour éviter une crise sécuritaire et humanitaire transfrontalière incontrôlable" et "nous devons oeuvrer à une reprise des négociations" pour aboutir à "une solution à deux Etats sur la base des lignes de 1967", avec Jérusalem capitale des deux pays, a aussi répété le chef de l'ONU.

Mercredi, son porte-parole avait indiqué que si Antonio Guterres avait eu des contacts avec les Palestiniens depuis le début des affrontements il y a une dizaine de jours, il n'en avait toujours pas eu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il a refusé de dire qu'elle en était la raison.

Dénonçant les dégâts infligés par des raids aériens "à "plusieurs hôpitaux", le chef de l'ONU s'est aussi insurgé contre la destruction de bureaux de médias et la mort d'un journaliste à Gaza qui sont "extrêmement préoccupantes".

"Je suis profondément affligé par les dommages causés aux installations des Nations unies à Gaza", a aussi souligné Antonio Guterres. "Les locaux des Nations unies sont inviolables, y compris pendant les conflits armés. Les installations humanitaires doivent être respectées et protégées", a-t-il rappelé.

Concernant l'aide humanitaire, il a indiqué qu'un appel à des dons allait être lancé "dès que possible", précisant que 14 millions de dollars vont être débloqués par l'ONU "au profit des territoires palestiniens occupés".

"Il n'y a aucune justification, incluant la lutte contre le terrorisme ou la légitime défense, à l'abdication par les parties au conflit de leurs obligations en vertu du droit international humanitaire", a-t-il insisté.

"Je suis également profondément préoccupé par la poursuite des affrontements violents entre les forces de sécurité israéliennes et les Palestiniens dans toute la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, où plusieurs familles palestiniennes sont menacées d'expulsion", a également fait valoir le secrétaire général de l'ONU.

Cette menace d'expulsion est l'un des paramètres à l'origine du conflit qui a débuté le 10 mai.

Un cessez-le-feu décidé ce jeudi soir?

Le cabinet de sécurité israélien se réunit d'ailleurs ce jeudi soir afin de discuter d'un possible cessez-le-feu, ont indiqué des sources officielles à l'AFP.

Cette réunion, à laquelle doivent participer notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les principaux responsables sécuritaires du pays, intervient alors que d'intenses tractations diplomatiques ont lieu afin de mettre un terme aux hostilités entre le Hamas et Israël qui ont fait au moins 240 morts depuis le 10 mai, dont une majorité de Palestiniens.

Tout en soulignant les "progrès" d'Israël pour "diminuer" les capacités militaires du Hamas, le président américain Joe Biden, dont le pays est le premier allié d'Israël, avait appelé mercredi à une "désescalade" immédiate de ce conflit.

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland a discuté jeudi au Qatar avec le chef du bureau politique du Hamas Ismaïl Haniyeh d'une "désescalade" des violences sur le terrain.

De son côté, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas est devenu jeudi le plus haut responsable européen à fouler la Terre sainte depuis le début de cette crise. M. Maas s'est notamment entretenu avec M. Netanyahu et devait rencontrer en début de soirée le président palestinien Mahmoud Abbas.