Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par la coalition internationale antidjihadistes, ont lancé dimanche une vaste opération sécuritaire à Al-Hol, véritable cité de tentes où vivent près de 62.000 personnes, en grande majorité des femmes et des enfants.

Depuis l'annonce de la chute du "califat" de l'EI en mars 2019, les autorités kurdes ont maintes fois mis en garde contre des cas de radicalisation et des attaques dans le camp, où se trouvent les femmes et les enfants étrangers de djihadistes, mais aussi des familles syriennes et irakiennes.

Dans un communiqué mardi, la police kurde des Assayech a rapporté "l'arrestation de 53 membres de l'EI, dont cinq chefs des cellules qui menaient des attaques terroristes dans le camp".

Les forces de sécurité ont confisqué "des téléphones portables et plusieurs ordinateurs portables", précise la police kurde.

Mardi, un correspondant de l'AFP a vu des combattants des forces kurdes lourdement armés déployés aux abords du camp pendant que des unités menaient des fouilles à l'intérieur. Certains résidents observaient les opérations à l'entrée de leur tente.

Un responsable média de la principale milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), Simand Ali, a indiqué lundi à l'AFP que la plupart des personnes arrêtées étaient des Syriens et des Irakiens.

Des "couteaux, des treillis militaires et des iPad" ont été retrouvés, parfois dans "des petites tranchées", a-t-il ajouté.

Al-Hol est le plus grand des deux camps de déplacés gérés par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre.

Plus de 40 meurtres y ont été recensés depuis le début de l'année, selon les autorités kurdes qui pointent du doigt des cellules de l'EI. Une source humanitaire avait aussi évoqué des tensions tribales.

Le camp a aussi connu des tentatives d'évasion et des attaques contre des gardes et des employés d'ONG.

Environ 10.000 femmes et enfants étrangers vivent dans une annexe qui leur est réservée, selon un rapport onusien. Les autorités kurdes réclament leur rapatriement mais la plupart des pays, notamment européens, rechignent à reprendre leurs citoyens. Certains ont rapatrié un nombre limité d'enfants, souvent des orphelins.