"Le lancement aveugle de roquettes par le Hamas et d'autres groupes en direction des civils israéliens est inacceptable. Tout en reconnaissant le besoin légitime d'Israël de protéger sa population civile, la réponse doit être proportionnée et faire l'objet d'une retenue maximale dans l'usage de la force", a plaidé Josep Borrell.

"L'UE est consternée par le grand nombre de morts et de blessés parmi les civils, y compris des enfants", a-t-il ajouté. "La priorité doit être de protéger les civils. Tous les efforts doivent viser à éviter les pertes civiles et à favoriser la désescalade".

Les roquettes tirées vers Israël et les frappes israéliennes sur la bande de Gaza ont fait au moins 62 morts depuis lundi.

"Cette situation fait suite à des jours de tension et d'affrontements à Jérusalem, notamment sur les lieux saints, et à une recrudescence de la violence dans les villes d'Israël et de Cisjordanie", a déploré le chef de la diplomatie européenne.

Josep Borrell a précisé être en contact avec les parties concernées dans la région et avec la communauté internationale, notamment par le biais du quartette pour le Moyen-Orient - qui inclut les Etats-Unis, la Russie, l'UE et l'ONU -, "afin de soutenir les efforts visant à mettre fin à de nouvelles violences".

"A Jérusalem, le statu quo sur les lieux saints doit être respecté et la liberté de culte garantie", a-t-il insisté.

Le président du Conseil Européen, Charles Michel, s'est entretenu mercredi avec le président israélien Reuven Rivlin et s'est dit "très inquiet par la montée récente de la violence et des attaques sans discrimination".

Washington envoie un émissaire pour exhorter à la "désescalade"

Les Etats-Unis vont envoyer un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la "désescalade" après la série de raids et d'affrontements de ces derniers jours, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie américaine, appelant l'Etat hébreu à "éviter les victimes civiles".

Hady Amr, haut responsable du département d'Etat américain chargé des affaires israéliennes et palestiniennes, aura pour mission d'exhorter "au nom du président Biden à une désescalade de la violence", a précisé Antony Blinken devant la presse.

Il devait quitter Washington dès mercredi, a précisé un responsable américain.

Le secrétaire d'Etat a de nouveau condamné les tirs de roquette du mouvement islamiste Hamas vers Israël "avec la plus grande fermeté", mais il a aussi estimé que "tout décès de civils" était "une tragédie".

"Je pense qu'Israël a un devoir supplémentaire d'essayer de faire tout son possible pour éviter les victimes civiles, même s'ils ont le droit de défendre leur population", a déclaré Antony Blinken, soulignant que les images d'enfants palestiniens morts étaient "déchirantes". "Les Palestiniens ont le droit à la sécurité", a-t-il ajouté.

Face aux critiques quant à l'attitude de l'administration de Joe Biden, souvent accusée d'être en retrait sur le dossier israélo-palestinien, le secrétaire d'Etat a assuré que les Etats-Unis étaient "pleinement impliqués" auprès de "toutes les parties, y compris les Palestiniens", même s'il n'a pas voulu préciser la nature des contacts avec les dirigeants palestiniens.

"La chose la plus importante maintenant c'est que toutes les parties cessent la violence, engagent une désescalade", a-t-il insisté.