Alors que les violences entre Israéliens et Palestiniens sont ravivées depuis plus d'une semaine, avec des tirs de roquettes d'un côté et des salves de bombardements de l'autre qui ont déjà causé la mort d'au moins 221 personnes, Maxime Binet interrogeait, ce matin, Philippe Hensmans à ce sujet.

Le directeur de la section belge francophone d'Amnesty International est ainsi revenu sur les causes multiples de cette escalade des tensions. "Souvent dans ce genre de conflits, comme dans les précédentes intifadas, cela commence avec une étincelle qui met le feu aux poudres. Un détail, mais qui a son importance symbolique", a-t-il d'abord mentionné en faisant référence à la fermeture d'un lieu de rassemblement très symbolique pour les Palestiniens, la mosquée Al Aqsa, combinée à l'éviction d'une famille dans la quartier de Sheikh Jarrah. "Il y a 38% de la population de Jéruselem qui est palestinienne et donc qui vit un genre d'Apartheid, ce terme est plus correct en ce qui concerne les territoires occupés, et ne sont pas traités comme des Israéliens", avance Philippe Hensmans. Selon lui, "c'est ce qui fait que des juifs peuvent récupérer des propriétés qui étaient juives avant 1948, et donc les familles palestiennes qui vivaient là depuis peuvent être expulsées pour que des familles juives viennent s'y installer."

Autre source du conflit : l'absence d'élections palestiniennes depuis 15 ans. Pour Philippe Hensmans, il est clair que le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, "en a profité " pour encore reporter les élections palestiniennes car "il avait un risque de perdre son poste ainsi que celui de ses amis".

Philippe Hensmans se dit également inquiet du risque de guerre civile entre communautés au vu des images de lynchage d'arabes israélien qui ont circulé ces derniers jours. "Il est réel, et c'est nouveau comme élément... ce qui n'est pas anodin. Il relève du discours que l'on a entendu les dernières années du gouvernement israélien notamment qui est de dire : il n'y aura pas de solution à deux Etats."

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