"Nous ne considérons pas que ces jeunes qui sont des membres d'organisations terroristes ont véritablement les valeurs nationales et morales de notre pays", a affirmé M. Erdogan lors d'un discours, en référence à la vague de contestation étudiante qui secoue depuis un mois la Turquie. "Êtes-vous des étudiants ou des terroristes tentant d'occuper le bureau du recteur?", a-t-il ajouté.

Il a affirmé que les autorités ne permettraient pas que la contestation étudiante se transforme en manifestations antigouvernementales comme celles de 2013, connues sous le nom de mouvement de Gezi, qui l'avaient visé à l'époque où il était Premier ministre.

Le chef de l'État turc s'en est aussi pris aux personnes LGBT, dont les droits sont devenus une revendication de la contestation après l'arrestation de quatre étudiants accusés d'avoir insulté l'islam pour avoir organisé une exposition artistique incluant une représentation d'un site sacré de l'islam orné de drapeaux arc-en-ciel.

"LGBT, il n'y a rien de tel. Ce pays est patriotique et moral. Nous avançons vers l'avenir avec ces valeurs", a-t-il dit.

La nomination au début de l'année par M. Erdogan d'un recteur proche du pouvoir à la tête de la prestigieuse Université du Bosphore (Bogazici en turc) a déclenché un mouvement de contestation.

La police turque a arrêté mardi plus de 170 personnes participant à de nouvelles manifestations qui ne montrent aucun signe d'essoufflement, en dépit de la répression de plus en plus brutale des autorités.

Les liens passés du nouveau recteur, Melih Bulu, avec le parti de M. Erdogan et sa nomination sans consultation du conseil d'administration de l'université avaient suscité la consternation.