Six mois après la catastrophique explosion du port de Beyrouth, le Liban est toujours aux soins intensifs. L’événement, qui a fait plus de 200 morts, 6 000 blessés et 30 000 sans-abri, a achevé de précipiter le pays dans la pire crise économique et financière de son histoire, encore accentuée par les conséquences de la pandémie de Covid-19. Selon un rapport alarmiste publié mercredi par l’ONG Oxfam, la moitié de la population se trouve aujourd’hui dans une grande vulnérabilité, menacée de basculer sous le seuil de pauvreté. Pour cause, depuis le large mouvement de contestation populaire entamé en octobre 2019, le prix des denrées alimentaires a été multiplié par quatre et la monnaie nationale a perdu 80 % de sa valeur. Cette situation touche en particulier les femmes, dont le taux de chômage a grimpé en flèche (+63 % en octobre dernier).

Une entreprise sur cinq n’est toujours pas opérationnelle. L’explosion du 4 août avait endommagé la moitié des sociétés situées dans les environs du site, privant 70 000 personnes de leur emploi. Selon Oxfam, "les gens ont urgemment besoin d’une aide en espèces pour couvrir les coûts de location de nouvelles maisons, faire les réparations, et acheter de la nourriture et des médicaments". En outre, les actes de violence domestique ont explosé (de 400 %), surtout là où le confinement sanitaire s’est conjugué au regroupement de familles, forcées de vivre dans une même habitation suite à la catastrophe.