Benjamin Netanyahu "a souligné lors de cette conversation qu'Israël faisait tout pour éviter de s'en prendre à des personnes non impliquées", rapporte ce communiqué, insistant sur le fait que l'évacuation des personnes de l'immeuble "où se trouvaient des cibles terroristes" avait été organisé en amont du raid. Le Premier ministre israélien a également remercié le président américain Joe Biden pour le soutien de Washington à "notre droit à nous défendre".

Un peu plus tôt dans la journée, Jen Psaki, la porte-parole de l'exécutif américain, avait indiqué dans un tweet que les États-Unis avaient "dit directement aux Israéliens que garantir la sécurité des journalistes et des médias indépendants était une responsabilité d'une importance capitale".

L'armée israélienne a mené une frappe samedi sur la tour Jala, immeuble de 13 d'étages abritant les locaux de l'agence de presse américaine Associated Press (AP) et de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera dans la bande de Gaza.

L'agence AP s'était dite "choquée et horrifiée" par cette frappe israélienne, la qualifiant de "développement incroyablement inquiétant". "Nous avons évité de justesse de terribles pertes humaines. Une dizaine de journalistes et de pigistes d'AP se trouvaient dans l'immeuble et, heureusement, nous avons pu les évacuer à temps", avait souligné Gary Pruitt, le patron d'AP. "Le monde sera moins informé sur ce qu'il se passe à Gaza à cause de cet événement", avait-il déploré.

De son côté, Al-Jazeera a dénoncé un "crime" et une tentative de "réduire les médias au silence" par l'armée israélienne. Plus importante chaîne d'information du monde arabe, Al-Jazeera est régulièrement prise pour cible par des régimes autoritaires au Moyen-Orient où ses correspondants couvrent guerres et soulèvements populaires. Le puissant groupe médiatique financé par le Qatar est accusé par ses détracteurs de sympathie envers des mouvements islamistes dont Doha est proche.

Washington a envoyé un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens pour exhorter une nouvelle fois à la "désescalade". Le haut responsable du département d'État américain chargé des affaires israéliennes et palestiniennes, Hady Amr, doit rencontrer des dirigeants israéliens à Jérusalem dimanche et se rendre en Cisjordanie occupée pour des entretiens avec des responsables palestiniens.

Les tensions entre Israéliens et Palestiniens ont suivi l'annonce d'une possible expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la Ville sainte occupée par Israël, et ont débouché lundi sur une confrontation générale entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.