Le gouvernement américain "a accepté de participer à des discussions" avec les Européens, les Russes et les Chinois pour discuter d'un "retour mutuel" dans l'accord par Washington et Téhéran, a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

"Nous ne nous attendons pas à des discussions directes entre les Etats-Unis et l'Iran à ce stade du processus, mais les Etats-Unis restent ouverts à cette possibilité", a-t-il précisé.

Le processus a été élaboré vendredi au cours d'une visioconférence entre les représentants de la Chine, de la France, de l'Allemagne, de la Russie, du Royaume-Uni et de l'Iran.

La réunion était présidée par l'Espagnol Enrique Mora, proche collaborateur du chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell qui coordonne les travaux de la Commission mixte du Plan d'action global commun (JCPOA) conclu à l'été 2015.

La présence d'une délégation américaine mardi à Vienne a été accepté par tous les participants, mais l'Iran a signifié les limites de l'exercice en refusant tout contact avec les Américains.

Il n'y aura "aucune réunion entre l'Iran et les Etats-Unis", a averti le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

"La délégation iranienne ne négociera à aucun niveau avec la délégation américaine", a précisé Abbas Araghchi, le vice-ministre des Affaires étrangère iranien.

"Les États-Unis n'assisteront à aucune réunion à laquelle participerait l'Iran, y compris la réunion de la Commission mixte de l'accord sur le nucléaire", a-t-il ajouté.

Ces limites ont été confirmées par un représentant européen: "Les Etats-Unis ne participeront à aucune des réunions mardi prochain, car ils ne sont pas partie au JCPOA".

Deux processus vont être lancés lors de la réunion à Vienne qui, comme vendredi, se tiendra au niveau des directeurs politiques des pays signataires, mais cette fois "en présentiel".

"Pas de temps à perdre" 

Deux groupes de travail vont plancher sur les aspects pratiques de la levée des sanctions et du retour de l'Iran à la mise en oeuvre intégrale de ses engagements nucléaires.

En parallèle, des discussions vont être menées entre les Etats-Unis et l'Iran par le truchement de Josep Borrell et de son équipe.

"Nous savons où nous voulons aboutir. Le problème est comment y parvenir", a commenté le représentant européen. "L'objectif est un accord pour le retour des Etats-Unis dans les deux prochains mois, avant l'élection présidentielle en Iran".

"Si cela échoue, ce sera une très mauvaise nouvelle", a-t-il confié.

"Nous n'avons pas de temps à perdre", a insisté le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

"Le sentiment est que nous sommes sur la bonne voie, mais que le chemin à parcourir ne sera pas facile et nécessitera des efforts intensifs", a commenté pour sa part le représentant de la Russie Mikhail Ulyanov. "Les parties prenantes semblent être prêtes pour cela".

"C'est une question de volonté politique et elle a été constatée pendant la réunion de vendredi", a également estimé le représentant européen.

Les Etats-Unis de Donald Trump (2017-2021) avaient quitté unilatéralement l'accord il y a trois ans. Le nouveau président américain Joe Biden s'est dit prêt à le rejoindre à nouveau, mais à condition que Téhéran revienne au préalable au respect des engagements dont il a commencé à s'affranchir en riposte aux sanctions imposées en 2018 par Donald Trump.

L'Iran est pour sa part prêt à revenir au respect complet de ce texte, à condition que Washington lève d'abord les sanctions qui asphyxient son économie.

Le JCPOA signé par l'Iran à Vienne en juillet 2015 vise à empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique. Des limites strictes ont été fixées à son programme nucléaire, censé demeurer exclusivement civil et pacifique.

La communauté internationale avait en échange levé toutes ses sanctions économiques contre l'Iran.