Malgré la pandémie, le Vatican confirme le voyage exceptionnel que le pape François va réaliser du vendredi 5 mars au lundi 8 mars en Irak, dans un pays qui a vu une grande partie de sa communauté chrétienne s’exiler sous la pression des groupes islamistes, après l’intervention américaine de 2003.

Le programme est dense et amènera le souverain pontife en hélicoptère jusqu’à Mossoul, l’ancienne “capitale” de l’État islamique et la deuxième ville irakienne, en partie détruite.

Le vendredi 5 mars, arrivée à Bagdad où il sera reçu par le Premier ministre irakien (chiite) Moustafa al-Kazimi, le président (kurde) Barham Salih. Ensuite, il rencontrera les évêques, religieux et séminaristes du pays en la cathédrale syriaque catholique Notre-Dame-de-l’Intercession de Bagdad où 44 fidèles avaient péri dans un attentat djihadiste en octobre 2010.

Le samedi 6 mars, il se rendra à Nadjaf, ville sainte chiite, où il aura un entretien avec le Grand Ayatollah Ali Sistani pour faire avancer le dialogue interreligieux. Sistani est un personnage très influent en Irak, malgré ses 90 ans. C’est lui qui avait incité les Irakiens en juin 2014 à prendre les armes pour chasser Daech.

Le dimanche 7 mars, François se rend à Erbil, chef-lieu du Kurdistan irakien, où vivent de nombreux chrétiens déplacés par la guerre. Il ira aussi à Qaraqosh, la grande ville chrétienne de la plaine de Ninive, et à Mossoul. À Qaraqosh, il rencontrera les fidèles dans l’église de l’Immaculée Conception, laquelle avait été incendiée et vandalisée par Daech lorsque le groupe djihadiste contrôlait la ville. Cette longue journée se terminera par une messe en plein air dans le stade Franso Hariri à Erbil, après quoi le Pape rejoindra Bagdad par avion. Il quittera l’Irak le lundi 8 mars.

Ce voyage sera le premier d’un Pape en Mésopotamie. Même le globe-trotter Jean-Paul II n’y est jamais allé.

Pour moi, c’est un moment clé pour relancer le dialogue interreligieux avec le monde musulman et notamment le document signé à Abou Dhabi par le Pape et le grand imam d’Al-Azhar”, explique le Père Charbel Eid, ancien supérieur de l’abbaye maronite de Bois-Seigneur-Isaac. Ce document “très avancé” signé en 2019 s’intitule “Document sur la fraternité humaine” et appelle à la liberté de croyance, à la protection des lieux de culte et à un statut de citoyen pour les minorités discriminées.