Dans le même temps, M. Netanyahu a déclaré que l'armée israélienne était "prête à tous les scénarios" dans la bande de Gaza, après le tir d'une trentaine de roquettes depuis l'enclave palestinienne sur le sud du territoire israélien.

Le calme est revenu à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël, mais pour éviter de nouvelles violences, des centaines de policiers ont été déployés aux abords de la Vieille ville, selon la police.

"Nous voulons avant tout faire respecter la loi et l'ordre public (...) Nous exigeons maintenant que la loi soit respectée et j'appelle toutes les parties au calme", a indiqué M. Netanyahu dans un communiqué après une réunion d'urgence des responsables de la sécurité.

Dans un contexte de tensions croissantes après des incidents ces derniers jours entre juifs et Palestiniens à Jérusalem-Est, des échauffourées ont opposé vendredi soir à la sortie de la prière sur l'esplanade des Mosquées manifestants palestiniens aux forces israéliennes.

Des accrochages similaires ont eu lieu dans d'autres secteurs de Jérusalem-Est, au point de passage de Qalandiya, reliant Israël et la Cisjordanie occupée, et à Bethléem.

La police a procédé à plusieurs interpellations.

Jeudi soir, des Palestiniens à Jérusalem-Est ont cherché à s'opposer à une marche de partisans d'un mouvement juif d'extrême droite qui scandaient "Mort aux arabes". Les forces israéliennes, mobilisées pour cette marche, ont tenté de bloquer les Palestiniens et une centaine d'entre eux ont été blessés, ainsi qu'une vingtaine de policiers israéliens.

"Tous les scénarios" 

"Nous garantissons la liberté de culte comme chaque année, pour tous les habitants et tous les visiteurs de Jérusalem", a dit M. Netanyahu en allusion aux prières sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam à Jérusalem-Est, en cette période du mois de jeûne musulman de ramadan.

La branche armée du Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza, a apporté son soutien aux Palestiniens de Jérusalem-Est et menacé Israël.

Vendredi soir, 36 roquettes ont été tirées de Gaza sur le territoire israélien, limitrophe de l'enclave palestinienne, selon l'armée israélienne. Ces tirs qui n'ont pas fait de victime n'ont pas été revendiqués.

La bande de Gaza, sous blocus israélien, est séparée géographiquement par le territoire israélien de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne.

Six roquettes ont été interceptées par le bouclier antimissile et d'autres sont tombées dans des terrains vagues.

En représailles, des chars, des avions de combat et des hélicoptères militaires ont ciblé, selon l'armée, des positions du Hamas.

"Concernant Gaza, j'ai donné l'ordre d'être prêts à tous les scénarios", a dit M. Netanyahu.

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a lui aussi déclaré dans un communiqué que l'armée "était prête à la possibilité d'une escalade". En cas de nouveaux tirs de roquettes "Gaza sera durement touchée (...) et les dirigeants du Hamas en seront les responsables."

Face aux tensions, le chef d'état-major Aviv Kochavi a décidé de reporter sa visite prévue aux Etats-Unis.

"Ligne rouge" 

Les affrontements des derniers jours à Jérusalem ont commencé après que la police a empêché les Palestiniens de s'asseoir sur les marches entourant la porte de Damas, donnant sur la Vieille Ville, un lieu où ils se réunissent le soir pendant le ramadan.

Et lorsque des juifs d'extrême droite ont prévu de manifester à proximité, de nombreux Palestiniens y ont vu une provocation.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Moyen-Orient, Tor Wennesland a appelé "à éviter une nouvelle escalade". "Les actes de provocation à Jérusalem doivent cesser. Les tirs indiscriminés de roquettes vers les zones peuplées violent le droit international et doivent cesser immédiatement."

Les Etats-Unis ont exprimé leur "profonde préoccupation", condamnant des discours de "haine".

Pays voisin lié à Israël par un traité de paix, la Jordanie, qui administre les lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a condamné les "attaques racistes" israéliennes, avertissant que Jérusalem était "une ligne rouge".

L'Iran, pays ennemi de l'Etat hébreu, a condamné "les agressions du régime sioniste et des colons".