"Le personnel du ministère de la Défense et ses sous-traitants ne sont pas autorisés à apporter une assistance à une société privée, à ses employés ou ses agents qui cherchent à exploiter des ressources pétrolières en Syrie", a assuré le porte-parole du Pentagone, John Kirby, questionné au cours d'un point de presse sur la mission des forces américaines en Syrie.

Les quelque 900 militaires américains stationnés dans le nord-est syrien "y sont pour apporter leur soutien à la mission contre l'EI en Syrie", a ajouté M. Kirby. "C'est pour ça qu'ils sont là-bas".

Il s'agit davantage d'un changement de ton de la nouvelle administration du président Joe Biden que d'un revirement stratégique, car l'armée américaine n'a jamais été impliquée dans l'exploitation du pétrole syrien.

L'immense majorité des champs pétroliers, dans l'est et le nord-est du pays, échappent toujours à Damas. Ils sont contrôlés essentiellement par les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliées des Etats-Unis, qui en ont fait la principale source de revenus de leur administration semi-autonome.

Un accord avait été conclu en 2020 entre une compagnie pétrolière américaine, Delta Crescent Energy, et l'administration semi-autonome kurde dans le nord-est de la Syrie pour permettre aux FDS d'échapper au large éventail de sanctions que les Etats-Unis imposent au régime syrien.

Quand il était revenu en 2019 sur sa décision de retirer l'ensemble des troupes américaines du nord-est syrien, Donald Trump avait expliqué qu'il en garderait quelques centaines "là où il y a du pétrole".

Le gouvernement américain s'était défendu de bénéficier financièrement du pétrole syrien et le Pentagone avait assuré que la présence militaire américaine en Syrie n'était destinée qu'à interdire l'accès au pétrole syrien au groupe Etat islamique, et à permettre aux FDS de financer leurs efforts de reconstruction.