L'ONU n'a pas de preuve de présence de groupes armés ou d'action militaire dans les bâtiments visés par Israël à Gaza. Ces raids, s'ils sont authentifiés comme indiscriminés contre les civils, pourraient constituer des crimes de guerre, a-t-elle dit jeudi à Genève. "Nous n'avons pas vu de preuve", a affirmé la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet au début d'une session spéciale de l'instance onusienne. Israël avait notamment justifié la destruction d'un immeuble de plusieurs étages, abritant les bureaux de plusieurs médias étrangers, par la présence de groupes armés. La Haute commissaire a aussi dénoncé les attaques du Hamas contre les Israéliens.

La discussion de jeudi a été demandée par plus de 60 pays, dont une vingtaine sont membres du Conseil. Elle a été organisée après les violences, condamnées par l'ONU et de nombreux pays, qui ont fait plus de 250 victimes, surtout des Palestiniens tués par les bombardements aériens israéliens dans la bande de Gaza. "Consternant", selon Mme Bachelet.

Ces affrontements ont démarré après la répression de manifestations à Jérusalem-Est contre la menace d'éviction forcée de Palestiniens de leurs logements. Selon l'ONU, si celle-ci était validée par la Cour suprême israélienne, elle constituerait une violation du droit international humanitaire (DIH). Mme Bachelet appelle à ne pas expulser ces personnes.

Symbole de l'importance donnée à cette session spéciale, plus d'une dizaine de ministres des Affaires étrangères doivent s'exprimer.

Le projet de résolution qui doit être examiné dans l'après-midi prévoit une Commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains et du DIH, chargé d'identifier les responsables et de recueillir et préserver des preuves. Non seulement sur les tensions dès mi-avril, mais sur la situation qui a abouti à cette détérioration.

Contrairement aux mécanismes lancés habituellement par le Conseil, ce dispositif ne serait pas limité à un an, mandat qui doit être ensuite renouvelé par les Etats. La Commission poursuivra ses travaux tant qu'elle ne sera pas démantelée et devra rendre des rapports annuels dès juin de l'année prochaine.

Côté israélien, la discussion de jeudi prouve, selon les autorités, que l'instance onusienne vise de manière discriminée l'Etat hébreu.

La seule raison de cette session spéciale est "de blâmer Israël, blanchir les crimes perpétrés par le Hamas et, pour l'Autorité palestinienne, d'éviter ses responsabilités", dit l'ambassadrice à l'ONU à Genève. Le gouvernement israélien cible notamment l'absence d'action contre le mouvement radical palestinien, responsable d'une dizaine de victimes ces dernières semaines dans les affrontements.