Malgré la pandémie de coronavirus, Dubaï continue à accueillir en masse les touristes. Il faut dire que l'émirat est plus que jamais vu comme une destination attrayante. Soleil et mesures sanitaires souples ; tout est fait pour plaire aux voyageurs lassés par le confinement de leur propre pays. Là-bas, les restaurants, centres commerciaux et cinémas sont en effet toujours ouverts. Les étrangers qui débarquent sur son sol doivent seulement se soumettre à un test PCR à l'arrivée et porter le masque. Mais l'émirat est-il en train de payer le prix de sa politique accueillante envers les touristes?

Depuis quelques semaines, les contaminations ont flambé à Dubaï. Selon CNN, le nombre de cas a quadruplé depuis novembre. En janvier, 80.000 nouveaux cas de Covid ont été comptabilisés, avec plus de 4.000 cas quotidiens (contre 950 lors de la première vague). Alors qu'ils étaient jusque-là relativement épargnés, les hôpitaux commencent à être sous pression.


La faute aux touristes?

Selon certains experts, la récente augmentation des nouveaux cas à Dubaï ne doit pas être imputée aux seuls touristes ; les expatriés jouent également un rôle. Dubaï est composé à 85% d'expatriés, rappelle CNN. Bon nombre d'entre eux sont retournés chez eux en décembre, puis revenus dans la ville. "Le pic est une conséquence inévitable du mouvement des résidents", explique Celia Antony, médecin aux cliniques Aster de Sharjah. Pour elle, les cas positifs ont également augmenté suite à l'augmentation du nombre de tests.

Aurait-il fallu que Dubaï ferme ses frontières, à l'instar de nombreux pays dans le monde? Ahmed Mohamed Abdelhameed, spécialiste en médecine interne au Medcare Women and Children's Hospital de Dubaï n'en est pas convaincu. Pour lui, le pic aurait été le même, que les frontières soient fermées ou non. "Fermer les portes ne peut qu'empêcher les gens d'entrer, pas le virus", a-t-il affirmé. 

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Pour la ville de la démesure, il n'est en tout cas pas question de renoncer au tourisme, dont dépend une bonne partie de son économie. "Nous abordons les choses de manière très mesurée, mais c'est notre philosophie que nous devons travailler à travers cette pandémie", a déclaré à CNN Helal Saeed Al Mari, directeur général du ministère du Tourisme et du Commerce de Dubaï. "Si vous marchez dans la rue, vous verrez que tout le monde porte un masque. Si quelqu'un n'en porte pas, ce ne sont pas les autorités qui vont le lui rappeler, mais un passant, car c'est comme ça que nous avons appris à vivre dans cette ère Covid."

Dubaï, qui a choisi de continuer à faire tourner son économie le plus possible, mise donc sur une approche évolutive. Si la situation empire, il se tient, dit-il, prêt à réagir. Depuis mardi dernier, l'émirat a quelque peu durci ses mesures. Les clubs de plage, hôtels et centres commerciaux sont limités à 70% d'occupation, les cinémas à 50%. Les bars et pubs ont été fermés temporairement et les sanctions durcies pour tous ceux qui ne respecteraient pas les règles.

Dubaï compte également beaucoup sur la vaccination pour limiter le plus possible les mesures restrictives. L'émirat affiche en effet un des taux de vaccination les plus élevés. A tel point qu'il est devenu un haut lieu de "vacances vaccination", où de riches touristes viennent se faire vacciner tout en profitant du climat clément...