"Le gouvernement d'Arabie saoudite rejette totalement les conclusions fausses et préjudiciables contenues dans le rapport concernant la direction du royaume et ne peut les accepter en aucun cas (...)", a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Le prince héritier d'Arabie saoudite a validé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste Jamal Khashoggi", ont écrit les services de renseignement américains dans un rapport déclassifié à la demande du président Joe Biden alors que son prédécesseur Donald Trump l'avait gardé secret.

"Le prince héritier considérait Khashoggi comme une menace pour le royaume et plus largement soutenait le recours à des mesures violentes si nécessaire pour le faire taire", ont-ils ajouté. Le rapport américain "contient des conclusions et des informations erronées", a ajouté le ministère saoudien.

"Il est vraiment malheureux que ce rapport, avec ces conclusions injustifiées et fausses, soit publié alors que le royaume a dénoncé clairement ce crime odieux et que ses dirigeants ont pris les mesures nécessaires pour s'assurer qu'un tel drame ne se reproduise jamais", a-t-il poursuivi.

"De même, le royaume rejette toute décision qui porte atteinte à sa direction, sa souveraineté et à l'indépendance de son système judiciaire", selon le communiqué.

Le ministère a dans le même temps réaffirmé que "le partenariat entre l'Arabie saoudite et les Etats-Unis est solide et fort, et est fondé depuis des décennies sur le respect mutuel". "Nous espérons que ce partenariat continuera sur cette même base."

Les Etats-Unis ne veulent pas de "rupture" avec l'Arabie saoudite

Le gouvernement américain de Joe Biden veut "recalibrer" les relations avec l'Arabie saoudite mais ne veut pas de "rupture", a déclaré vendredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken pour justifier l'absence de sanctions contre le prince héritier saoudien. Le secrétaire d'Etat a défendu devant la presse les sanctions annoncées par les Etats-Unis contre d'autres responsables saoudiens.

Plusieurs élus démocrates ont déploré que les Etats-Unis n'aient pas puni directement le jeune dirigeant à la lumière de ces révélations. "Le rapport parle pour lui-même", a estimé Antony Blinken. "La relation avec l'Arabie saoudite est importante, nous avons des intérêts mutuels importants. Nous restons déterminés à défendre le royaume", a-t-il ajouté.

"Mais nous voulons nous assurer" que "la relation reflète mieux nos intérêts et nos valeurs", a-t-il poursuivi. "Ce que nous avons fait avec les mesures que nous venons de prendre, c'est vraiment pour ne pas avoir de rupture dans les relations mais pour les recalibrer", a insisté Antony Blinken.

"La relation avec l'Arabie saoudite dépasse les questions de personnes", a encore dit le ministre. "Ce recalibrage concerne les politiques et les actes de l'Arabie saoudite", a-t-il ajouté.