"Les bombardements aériens et d'artillerie continus par les Forces de défense israéliennes à Gaza" et "la poursuite des tirs aveugles de roquettes par le Hamas et d'autres groupes militants vers des centres de population en Israël" sont "inacceptables", a asséné le secrétaire général de l'ONU à l'ouverture de cette réunion à laquelle plusieurs ministres, bravant les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, avaient décidé de participer.

"Cessons ce massacre!" qui a fait plus de 200 morts du côté palestinien, a réclamé le chef de la diplomatie palestinienne, Riyad Al-Maliki, en demandant à la communauté internationale de "mettre fin à l'occupation israélienne".

"Comment une puissance occupante peut-elle avoir le droit de se défendre, alors que notre propre peuple sous occupation est privé du même droit?", s'est-il insurgé. "Comment certains peuvent-ils se précipiter pour faire des déclarations condamnant le meurtre d'un Palestinien à un moment où le monde entier reste silencieux et ferme les yeux sur le génocide de familles palestiniennes entières?", a-t-il ajouté.

Alors que Riyad Al-Maliki venait de débuter son discours, l'ambassadeur israélien auprès des Etats-Unis et de l'ONU, Gilad Erdan, a ostensiblement quitté l'amphithéâtre de l'Assemblée générale pour protester contre les propos palestiniens.

"Dans le débat d'aujourd'hui, nous ne voyons pas une défense des principes de l'ONU, mais plutôt une indifférence à la charte du Hamas, qui, comme les nazis, est engagé dans le génocide du peuple juif", a affirmé le diplomate israélien.

"Ce débat se caractérise par la tromperie et le mensonge", car "le Hamas prend pour cible des civils tandis qu'Israël prend pour cible des terroristes", a-t-il insisté. "Le Hamas est une organisation jihadiste terroriste qui a tiré plus de 4.000 roquettes contre des villes israéliennes ces 11 derniers jours", a ajouté Gilad Erdan.

"Etat d'urgence humanitaire" 

Au fil des interventions des pays arabes, Israël a subi un feu roulant de condamnations, entrecoupé par le discours de l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, qui a rejeté les critiques à l'égard des Etats-Unis jugés trop frileux dans leur gestion du conflit.

"Dans les heures et les jours à venir, nous continuerons de pousser sans relâche pour la paix" et "nous ne sommes pas restés silencieux", a assuré la diplomate américaine. "Nous espérons que les habitants de la région nous ont entendus haut et fort", a-t-elle précisé.

Depuis le début du conflit le 10 mai, Washington a rechigné à l'organisation de réunions d'urgence du Conseil de sécurité et bloqué trois déclarations de cette instance chargée de la paix dans le monde, demandant un arrêt des affrontements.

Jeudi, les Etats-Unis continuaient à refuser un projet de résolution proposé par la France pour exiger une "cessation immédiate des hostilités", ont indiqué à l'AFP des diplomates. Paris s'est abstenu de donner une indication sur une date de vote.

A l'unisson, les chefs de la diplomatie du Qatar, de la Jordanie, de la Tunisie, de l'Algérie, de la Turquie, du Pakistan et du Koweit, ont tous réclamé devant l'Assemblée générale une condamnation "de l'agression" commise selon eux par Israël.

"Ces massacres n'ont que trop duré", a jugé le Jordanien Ayman Safadi tandis que le Tunisien Othman Jerandi dénonçait un "génocide, une épuration ethnique".

Les Israéliens veulent "judaïser" Jérusalem, a renchéri le Koweïti Ahmad Nasser Al-Mohammed Al-Sabah, en rappelant que le Conseil de sécurité avait adopté 86 résolutions sur le Proche-Orient depuis 1967, tandis que le Turc Mevlüt Cavusoglu réclamait que l'ONU impose à Israël qu'il "cesse sa campagne de purification ethnique".

En allusion au projet de résolution français menacé d'un veto américain, le chef de la diplomatie pakistanaise Shah Mahmood Qureshi a estimé que si le Conseil de sécurité ne prenait pas position dans le conflit, "l'Assemblée générale de l'ONU devait le faire".

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a exhorté de son côté "le secrétaire général de l'ONU à décréter un état d'urgence humanitaire pour soulager les Palestiniens et reconstruire Gaza".