Il a retrouvé sa famille la semaine dernière dans la ville de Jeddah, sur la mer Rouge, selon deux proches de sa famille qui ont requis l'anonymat. Il n'était pas clair dans l'immédiat si la libération de l'ancien président du plus grand empire de construction d'Arabie saoudite était définitive, a indiqué l'une de ces sources.

"Il a été relâché et on lui a dit de rester chez lui (...) Il a le droit de recevoir des visites", a-t-elle indiqué.

Sa famille est "folle de joie", a déclaré la seconde source, ajoutant qu'elle espérait que cette libération n'était pas juste une mesure temporaire au moment où les musulmans célèbrent la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

Bakr ben Laden n'était pas joignable dans l'immédiat pour réagir, et les autorités saoudiennes n'avaient pas répondu jeudi aux requêtes de l'AFP.

Il avait été arrêté en novembre 2017 avec deux autres frères, Saad et Saleh, lors d'une purge visant des centaines de princes, ministres et hommes d'affaires, sous couvert d'une campagne anticorruption sans précédent initiée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, fils du roi et homme fort du pays.

Ces personnalités avaient été détenues pendant des semaines dans le luxueux hôtel Ritz-Carlton de Ryad. Nombre d'entre elles, comme Saad et Saleh, avaient été libérées après des arrangements financiers avec le gouvernement. Mais pour les détracteurs du pouvoir, à travers cette campagne, le prince héritier cherchait surtout à réprimer les voix dissidentes et des concurrents potentiels.

Aucun chef d'accusation n'a été divulgué publiquement contre Bakr ben Laden qui avait nié avoir commis des actes répréhensibles.

Le groupe ben Laden, une entreprise familiale fondée en 1931 par le père de l'ex-chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden (tué il y a dix ans lors d'un raid des forces spéciales américaines), s'était imposé comme un géant de la construction dans le royaume.

Ces dernières années, il avait fait face à de nombreuses difficultés financières après l'effondrement des prix du pétrole. Et, dans la foulée de la purge de 2017, l'État avait pris le contrôle du groupe après avoir récupéré la participation des trois frères dans la société, soit 36,2%, d'après un document officiel vu par l'AFP.