Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, l'Etat hébreu a mené des centaines de frappes contre les effectifs de ses ennemis jurés, ciblant les troupes gouvernementales, les forces alliées iraniennes et les combattants du Hezbollah libanais.

Ces dernières semaines, les bombardements imputés à Israël se sont intensifiés dans l'est de la Syrie, où des milices de combattants étrangers parrainées par l'Iran sont déployées dans la province de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak.

Les frappes nocturnes ont tué au moins neuf soldats de l'armée syrienne et 31 combattants étrangers rattachés à des milices pro-Iran, et fait 37 blessés, selon un nouveau bilan fourni à l'AFP par le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui n'était pas en mesure de fournir les nationalités de ces derniers.

Les frappes ont visé des entrepôts d'armes et des positions militaires notamment aux abords de la ville de Deir Ezzor, et dans les déserts de Boukamal et de Mayadine, a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Le secteur accueille des combattants du Hezbollah et de la Brigade des Fatimides, rassemblant des combattants afghans pro-Iran, d'après l'OSDH.

L'armée israélienne n'a toujours pas réagi à ces informations.

Frappes récurrentes

Les raids menés dans la nuit de mardi à mercredi sont "les plus meurtriers" depuis des frappes en juin 2018 dans cette même province de Deir Ezzor, selon M. Abdel Rahmane. A l'époque 55 combattants prorégime, des Syriens et des Irakiens, avaient été tués, a-t-il rappelé.

L'agence officielle syrienne Sana a fait état de frappes israéliennes nocturnes sans fournir de détails.

"A 01H10 du matin (23H10 GMT), l'ennemi israélien a mené une agression aérienne contre la ville de Deir Ezzor et la région de Boukamal", a indiqué Sana, citant une source militaire.

"Les conséquences de l'agression font actuellement l'objet de vérification", a laconiquement ajouté la source.

Tout au long de la journée de mardi déjà, des avions non identifiés avaient mené plusieurs séries de raids dans la région de Boukamal, tuant 12 combattants des milices pro-Iran, a rapporté l'OSDH, qui n'avait pas fourni dans l'immédiat un bilan pour ces frappes.

L'Etat hébreu n'a de cesse de marteler qu'il ne permettra pas à la Syrie voisine de devenir la tête de pont des forces iraniennes.

En 2020, Israël a ainsi frappé une cinquantaine de cibles en Syrie, d'après un rapport annuel publié par l'armée israélienne.

Ces raids représentent une "politique claire" d'Israël, avait déclaré en novembre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Les précédentes frappes meurtrières ont eu lieu il y a moins d'une semaine, visant le 7 janvier des positions dans le sud de la Syrie et au sud de la capitale Damas. Trois combattants pro-Iran avaient alors péri.

Des observateurs ont fait part de leurs craintes que Donald Trump et Israël accentuent la pression contre l'Iran et ses alliés régionaux dans les derniers jours du mandat du président américain.

Déclenchée en 2011 par la répression brutale de manifestations pro-démocratie, la guerre en Syrie s'est complexifiée au fil des ans, impliquant plusieurs puissances et groupes armés étrangers.

Elle a fait plus de 380.000 morts et entraîné le déplacement de millions de personnes.