"Nous avons bien avancé. Un accord prend forme", a déclaré à l'issue de la rencontre le diplomate européen Enrique Mora, qui chapeaute les discussions.

"Il y a désormais", a-t-il ajouté sur Twitter, "une entente commune sur ce qu'il reste à faire aux Etats-Unis" pour revenir dans le giron du "plan d'action global commun" (JCPOA, selon son acronyme anglais), conclu en 2015 pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique mais moribond depuis que le président Donald Trump a claqué la porte en 2018.

L'Iran et les Etats-Unis, indirectement conviés aux discussions, doivent s'accorder sur la levée des sanctions rétablies par l'ex-président américain et sur un retour concomitant de la République islamique à ses engagements nucléaires.

"A la fois sur l'aspect nucléaire et sur le volet des sanctions, nous commençons à voir se dessiner les contours de ce à quoi pourrait ressembler l'accord final. La donne est différente de la dernière fois où nous nous étions quittés", ont réagi les Européens de l'E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni).

Des diplomates de ces pays ont toutefois ajouté "ne pas sous-estimer les défis à venir" face à la "complexité de certaines questions techniques".

Même tonalité positive du côté de l'Iran. "Nous avons franchi de grandes étapes", avait commenté plus tôt le président Hassan Rohani dans une allocution télévisée, promettant des négociations en forme de "victoire" pour la "nation", aujourd'hui asphyxiée par les sanctions.

Les différentes parties à l'accord, qui incluent aussi la Russie et la Chine, se sont donné rendez-vous en début de semaine prochaine dans la capitale autrichienne.

Mais il faudra d'abord que l'Iran prolonge l'accord "temporaire" signé en février avec l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui expire cette semaine.

Ce texte "bilatéral technique", annoncé le 21 février pour une durée de trois mois, permet au gendarme onusien du nucléaire de maintenir une surveillance sur place, bien que réduite depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi limitant les inspections.

La République islamique s'est ainsi engagée à fournir l'ensemble des données des caméras et autres outils si les sanctions sont levées à l'issue de la période.

"Il est essentiel que l'Iran autorise l'AIEA à poursuivre son nécessaire travail de surveillance", a souligné l'E3. "L'accès de l'agence est évidemment essentiel dans la réussite de nos efforts pour rétablir le JCPOA".