Un employé de Médecins sans Frontières (MSF) a été assassiné dans le camp de Al-Hol dans le nord est de la Syrie, annonce ce mardi l'organisation humanitaire qui parle d'un "cauchemar qui doit cesser" dans ce camp de sympathisants de l'Etat islamique. Celui-cii semble échapper au contrôle des forces kurdes. MSF annonce dans la foulée qu'elle suspend temporairement ses opérations dans ce camp de près de 63 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, syriens, irakiens mais aussi de multiples nationalités.

"Dans la nuit du 24 février, un membre de l'équipe de MSF a été tué dans la tente dans laquelle il vivait. Trois jours plus tard, l'enfant d'un autre membre du personnel est mort, et trois membres du personnel ont été blessés, lors d’un incendie accidentel survenu alors qu’un mariage avait lieu dans le camp", indique MSF dans un communiqué. "Au moins sept personnes ont été tuées dans l'incendie, dont la fille de quatre ans d'un membre du personnel de MSF".

"Plus de 30 meurtres depuis janvier"

"La situation en termes de sécurité et de sûreté dans le camp d'Al-Hol est inacceptable, et ce, depuis deux ans", poursuit l'organisation humanitaire. "Cette année, la situation s'est encore détériorée, avec plus de 30 meurtres depuis janvier. La plupart des personnes tuées ont été visées par des armes à feu, d'autres ont été tués par des balles perdues, par des attaques au couteau ou encore lors d’accidents évitables.Au cours de la seconde moitié du mois de janvier, quatre personnes touchées par balles lors de deux incidents distincts, dont une mère et son enfant, ont été accueillies dans une clinique MSF du camp qui soigne les enfants souffrant de malnutrition.".

Plusieurs délégations étrangères ont tenté ces derniers jours de rejoindre le camp mais ont dû renoncer en raison de l'insécurité. Selon Le Monde, une délégation parlementaire française s'est vu refuser l'accès le week-end dernier à la région tenue par les forces kurdes en Syrie. Elle veut en savoir plus sur la grève de la faim entreprise à Al-Hol par une dizaine de femmes françaises provenant des rangs de l'Etat islamique. Selon De Morgen, une délégation belge menée par le psychologue de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) Gerrit Loots a elle renoncé à quitter la Belgique la semaine passée.Les experts belges devaient prélever des échantillons sur Nora Verhoeven et ses enfants présumés, mais cette dernière serait désormais introuvable dans le camp. Les gardes kurdes n'osent plus s'aventurer en effet dans le camp, car ils sont menacés de mort par des cellules de l'Etat islamique qui se sont constituées dans le camp.