Nous l'expliquions hier, le blocage du canal de Suez va avoir des répercussions économiques importantes. Le CEO du port d'Anvers, Jacques Vandermeiren, parle de "près de 350 millions d’euros par heure. Avec 50 navires qui passent par jour, la file se fait longue… et elle coûte très cher." En effet, depuis l'incident, des navires s'accumulent aux deux extrémités de cette voie navigable cruciale. Selon CNN, plus de 260 navires attendent actuellement de transiter par cette voie dont 13 transportant du bétail.

Les efforts pour déloger l'énorme porte-conteneurs se sont intensifiés ce samedi. On sait déjà que le coût des opérations de déblocage se chiffrera lui en millions de dollars. Mais comment s'y prendre pour débloquer un tel navire (400 mètres de long pour 60 mètres de haut) ?

Des dragues s'efforcent d'enlever de grandes quantités de sable et de boue autour du côté bâbord de la proue du navire. "On espère que les remorqueurs pourront profiter des vents et des marées ce samedi pour déloger le navire de 224 000 tonnes", a déclaré le directeur de l'Autorité du canal de Suez (SCA), Osama Rabie, au quotidien égyptien Youm7. Les manœuvres de remorquage du navire avaient déjà commencé vendredi soir, neuf remorqueurs ont tiré l'avant du gigantesque navire après des travaux de dragage, a indiqué M. Rabie. Des manœuvres qui nécessitent des conditions favorables. Elles dépendent du vent et des marées. La marine américaine au Moyen-Orient prévoit d'envoyer une équipe d'experts en dragage dans le canal de Suez dès ce samedi pour conseiller les autorités locales, note aujourd'hui CNN.

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Peter Berdowski de Boskalis, une société de services maritimes opérant dans le dragage offshore et sur terre, a expliqué que le plan A consistait à essayer de libérer le navire sans retirer les conteneurs du pont. Il a précisé que deux remorqueurs lourds étaient en route et devraient arriver ce week-end. "Ensemble, ils ont une puissance de traction d'environ 400 tonnes", a-t-il précisé.

Si cette tentative de renflouement échoue, le navire pourrait encore être libéré "au début de la semaine prochaine". La poupe du navire ne serait, elle, "pas entièrement enfoncée dans la glaise". Une information qui pourrait faciliter la tâche des remorqueurs. En tirant sur la poupe, ils pourraient profiter de la puissance du levier. Leur force de traction combinée aux travaux de dragage en cours, à une marée haute de 40 à 50 centimètres la semaine prochaine et à la "force de levier" de la poupe du navire relativement libre pourrait être suffisante pour "libérer le navire au début de la semaine prochaine".

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Si le plan A échoue, qu'est-ce qu'on fait ? Il faudra passer au plan B : retirer les conteneurs.

"En parallèle, nous mobilisons déjà une grue", a précisé Peter Berdowski. "Celle-ci sera également livrée ce week-end, ce qui nous permettra de retirer les conteneurs de l'avant du navire." Il faudrait, selon lui, retirer au moins 600 conteneurs afin d'alléger la charge à l'avant du navire. Mais pour les poser où ? "Directement à côté du navire, c'est tout simplement le désert. Donc l'enlèvement de ces conteneurs devient aussi un casse-tête."

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