Une femme porteuse du virus Zika a donné naissance lundi en Espagne au premier bébé en Europe atteint de microcéphalie liée à ce virus, selon des responsables de l'hôpital de Barcelone où l'enfant est né.

Un autre cas avait été détecté en Slovénie, mais les parents de l'enfant avaient décidé d'avorter.

"Le bébé va bien d'un point de vue clinique, ses fonctions vitales sont normales et stables", a déclaré lors d'une conférence de presse Félix Castillo, directeur du service de néonatalagie de l'hôpital Vall d'Hebron de Barcelone (nord-est).

Le bébé a une circonférence crânienne en-dessous de la normale et "il est atteint de microcéphalie", a-t-il précisé.

La mère du bébé a contracté le virus Zika lors d'un voyage dans un pays d'Amérique latine, a-t-on précisé de source hospitalière, sans révéler le pays concerné.

Zika, un virus transmis par le moustique Aedes aegypti, entraîne des malformations dévastatrices dont la microcéphalie, de même qu'un développement insuffisant du cerveau.

L'enfant est né par césarienne, à terme, a précisé le médecin. Ses parents sont "très heureux" a ajouté Elena Carreras, la directrice du service d'obstétrique.

Au total, plus de 90 millions de personnes, dans toute l'Amérique latine et les Caraïbes, pourraient avoir été infectées à la fin de l'épidémie, qui a débuté en 2015 sur le continent, estiment les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Nature Microbiology.

En Europe, l'Espagne est en première ligne car près de 21% des étrangers qui y habitent viennent de cette zone avec laquelle ils gardent des liens étroits.

Des "dizaines de milliers" de bébés pourraient naître avec des malformations ou d'autres affections

Des "dizaines de milliers" de bébés pourraient naître avec des malformations, comme la microcéphalie ou d'autres affections, en raison de l'épidémie de Zika en Amérique latine et aux Caraïbes, selon une étude publiée lundi.

Au total, 93,4 millions de personnes pourraient être infectées au cours de cette épidémie, dont 1,65 million de femmes enceintes, d'après cette étude parue dans la revue spécialisée Nature Microbiology. Dans 80% des cas, cette infection, contre laquelle il n'existe ni vaccin, ni traitement spécifique, reste bénigne ou passe même inaperçue, rappellent toutefois les auteurs.