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Catherine Nay, journaliste politique et éditorialiste à Europe 1, vient de publier "L’impétueux - Tourments, tourmentes, crises et tempêtes" chez Grasset, une enquête sur cinq ans pour raconter le quinquennat de Sarkozy.

Richard Attias vient de réfuter votre récit de la soirée au Fouquet’s organisée par et pour Cécilia Sarkozy...

Il est le plus mal placé pour en parler, il n’en sait rien. Mon enquête est béton.

Carla Bruni joue-t-elle de son influence ?

Le premier mérite de Carla, c’est d’avoir réparé cet homme qui avait été humilié et meurtri par son divorce. Elle l'admire, elle dit qu’il a six cerveaux. Lui ne cesse de dire qu’elle est intelligente. Elle s’occupe de sa fille, est de bon conseil pour son mari, lui a ouvert son monde de la culture, mais n’a aucune envie de jouer un rôle politique.

Pourquoi cette provocation : “Je ne ferai qu’un mandat et redeviendrai avocat pour l’argent” ?

Quand il est arrivé au pouvoir, il savait que Cécilia allait partir. Il a tout fait pour la retenir. Un homme qui devient président de la République et qui est lâché par son épouse se demande ce que l’autre a de plus que lui. Il pensait qu’Attias était milliardaire. Alors, c’était une façon de dire : Cécilia, attends-moi, je reforme et après je gagne de l’argent. Pendant cinq ans, tu as l’Elysée, la Lanterne (NdlR réservée au Premier ministre) comme résidence secondaire et Brégançon. Gagner de l’argent, c’était pour le bonheur de Cecilia.

Aurait-il donc de nouvelles motivations ?

C’est un challenge. Sarkozy considère n’avoir pas terminé sa tâche et avoir plus de galons que son adversaire.

Sur quelles réformes passées peut-il espérer être réélu ?

Il a fait des réformes, celles de l’université, du service minimum, de la TVA restauration, des retraites, pour protéger les épargnants après la chute de Lehman Brothers... Mais il ne capitalise pas dessus. Il a fait face à de grandes crises, il a un leadership reconnu en Europe. Mais les Français sont obsédés par l’emploi et les promesses non tenues sur le pouvoir d’achat.

Et s’il échoue ?

On dit que ce type est "bling bling", mais c’est un des présidents de la République post-gaulliste qui aura le plus travaillé. C’est un hypermnésique et ce qui me fascine, c’est son énergie hors norme. Un échec, c’est humiliant. Lui sait rebondir. Et Sarkozy ne fera pas comme Giscard, repartir en politique au niveau le plus bas. Contrairement aux autres présidents, il est le seul à avoir commencé au plus bas de l’échelle. A 20 ans, il repeignait la permanence de Neuilly.

Accusé de jouer les “Roi Soleil”, il n’a pourtant pas été un président bâtisseur.

Ce n’est pas dans son schéma, il est dans l’action (NdlR, seul un musée de l’histoire de France s’ouvrira aux Archives nationales à Paris en 2015). Quand on dit qu’il a une cour, c’est faux. Les gens le craignent parce qu’il peut être très violent verbalement, qu’il est toujours sous tension. Et comme il trouve que lui n’en fait jamais assez, les autres n’en font jamais assez non plus. Il est très intelligent, mais il manque de subtilité. Il a des défauts majeurs, mais des qualités exceptionnelles. Et pourtant, il ne s’est pas organisé le cœur des thuriféraires Mitterrand a laissé une bibliothèque à sa gloire. A l’époque, Jack Lang tenait l’encensoir

En cas de réélection, risque-t-il une cohabitation ?

C’est une possibilité, bien sûr.

Vos pronostics ?

Hollande ne séduit pas... A gauche, ça se murmure.