Trois embarcations transportant plus de 500 clandestins, parmi lesquels des femmes et des enfants, sont arrivées dimanche à Lampedusa, portant à 4.000 le nombre d'immigrés présents sur la petite île italienne au large de la Tunisie, a annoncé l'agence Ansa.

Des habitants de l'île, exaspérés par la surpopulation du centre d'accueil, prévu normalement pour 800 personnes, ont bloqué le débarquement de tentes convoyées par ferry pour loger les immigrés.

"Le gouvernement ne respecte pas le population et met en grave danger tous les citoyens de Lampedusa", a déclaré le maire de Lampedusa, Dino De Rubeis. "Il y a un risque d'affrontement avec les forces de l'ordre", a-t-il ajouté.

"Le comportement de l'Etat est honteux, l'Italie accepte que ces milliers d'immigrés soient traités comme des bêtes et obligés de dormir sous la pluie, toute l'Italie devrait avoir honte", a-t-il dénoncé.

La Croix-Rouge a de son côté dénoncé une situation "inacceptable" dans le centre d'accueil, où s'entassent les immigrés dans des conditions indécentes (absence de sanitaires en état de marche et de lits, promiscuité).

"Il faut une réponse rapide parce que cette situation est inacceptable et il est inacceptable que des personnes passent la nuit dans ces conditions", a déclaré sur place un responsable de l'organisation, Francesco Roca.

Selon des chiffres officiels italiens, les arrivées ces dernières semaines de candidats à l'immigration représentent plus du double de celles recensées à Lampedusa, un confetti de 20 km2 perdu au sud de la Sicile, pour toute l'année 2010.