La dissidente birmane Aung San Suu Kyi va déposer un troisième recours judiciaire contre la dissolution de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti avec lequel elle a mené tout son combat politique, a indiqué jeudi son avocat.

La LND a été dissoute en mai après avoir annoncé son boycott des élections du 7 novembre, les premières depuis 20 ans. Le parti avait refusé de se prêter aux nouvelles règles électorales de la junte en les interprétant comme destinées à exclure sa figure de proue et secrétaire générale.

Dans un pays où la justice est totalement inféodée au pouvoir exécutif, ses recours ont déjà été rejetés deux fois, dont la dernière lundi, lorsque la cour suprême a refusé d'examiner l'affaire.

La lauréate du prix Nobel de la paix "a dit qu'elle continuerait le processus judiciaire jusqu'à son terme", a indiqué à l'AFP son avocat, Nyan Win. "Nous allons déposer un appel spécial auprès de la cour suprême de Naypyidaw pour que l'affaire soit entendue".

Les appels déposés par l'opposante contre sa dernière condamnation à la résidence surveillée, prononcée en août 2009, ont également été rejetés, sans empêcher la "Dame" de Rangoun d'en déposer un nouveau à chaque fois.

La LND avait été co-fondée par l'opposante en 1988, après un soulèvement populaire contre la junte dont la répression avait fait des milliers de morts. Elle avait largement remporté les élections de 1990, sans être autorisée à exercer le pouvoir.