Trois jours d'intenses négociations entre l'Iran et six puissances mondiales se sont achevées dimanche aux premières heures à Genève sans déboucher sur un accord sur le programme nucléaire iranien, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

"Les réunions de Genève ont permis d'avancer mais nous n'avons pas pu conclure parce qu'il y a encore quelques questions qui restent à traiter ", a déclaré le ministre. Une réunion au niveau des directeurs politiques se tiendra ultérieurement, a indiqué M. Fabius. Il y aura ensuite une réunion au niveau des ministres et "nous souhaitons à ce moment là pouvoir conclure un accord".

"La France a souhaité d'emblée avoir un accord sur cette importante question du nucléaire iranien", a assuré le chef de la diplomatie française.

"Des progrés ont été accomplis mais il y a encore du travail pour parvenir à un accord", a-t-on déclaré de source proche de la délégation française.

M. Fabius a été le premier à parler avec la presse aprés une réunion nocturne qui s'est tenue samedi soir à Genève entre le chef de la diplomatie iranienne et ses homologues des six puissances mondiales engagées dans des discussions sur le programme nucléaire iranien.

Mohammad Javad Zarif a rejoint cette réunion présidée par la chef de la diplomatie de l'Union Européenne Catherine Ashton avec les représentants du groupe des 5+1 (Etats Unis, Russie, Chine, France, Grande Bretagne et Allemagne).

Au troisième jour de ces intenses négociations le travail a porté sur la rédaction d'un accord intérimaire d'une durée de six mois qui apporterait des garanties sur les volets controversés du programme iranien, soupçonnés d'avoir une finalité militaire.

Il y aurait en contrepartie un assouplissement de certaines sanctions économiques qui frappent durement l'économie iranienne.

Des divergences sont apparues samedi entre les six puissances, la France appelant à plus de garanties sur certains volets du programme.

Interrogé sur des critiques parmi les Occidentaux de la position française, le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a affirmé qu'il y a eu "un excellent travail d'équipe en particulier entre les européens".

Mohammad Javad Zarif n'est pas déçu

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé ne "pas être déçu" en dépit de l'absence d'accord dimanche dans la nuit à Genève dans les négociations sur le programme nucléaire iranien.

"Je ne suis absolument pas déçu", a-t-il dit aux journalistes. "Nous travaillons ensemble et heureusement nous allons être capables de parvenir à un accord quand nous nous rencontrerons à nouveau", a affirmé M. Zarif.

Kerry : des progrès significatifs

Le Secrétaire d'Etat américain John Kerry a salué "les progrès accomplis" dans les négociations sur le programme nucléaire iranien, estimant qu'on était maintenant "plus proche d'un accord".

Il a réaffirmé dans une conférence de presse que "les Etats Unis sont déterminés à ce que l'Iran n'acquière pas d'armes nucléaires".

En référence à l'absence d'accord en dépit de trois jours d'intenses négociations le Secrétaire d'Etat a rappelé qu'il "faut du temps pour établir la confiance entre des pays en conflit pendant très longtemps".

Rohani assure que l'Iran n'abandonnera pas ses "droits nucléaires"

Le président iranien Hassan Rohani a déclaré dimanche que son pays ne renoncerait pas à ses "droits nucléaires", y compris l'enrichissement d'uranium, ont rapporté les médias après l'annonce de l'absence d'un accord avec les grandes puissances à Genève.

"Il y a des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies", a-t-il dit devant le Parlement, dominé par les conservateurs.

"Les droits de la nation iranienne et nos intérêts nationaux représentent une ligne rouge, de même que les droits nucléaires dans le cadre des régulations internationales, ce qui inclut l'enrichissement (d'uranium) sur le sol iranien", a-t-il ajouté.

Trois jours d'intenses négociations entre l'Iran et six puissances mondiales (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) se sont achevés dimanche aux premières heures à Genève sans déboucher sur un accord sur le programme nucléaire iranien. Une nouvelle réunion est prévue le 20 novembre.

L'arrivée précipitée vendredi à Genève de plusieurs ministres des Affaires étrangères avait laissé espérer un accord, mais les négociations ont buté sur les exigences de clarification de certains participants, en particulier de la France.

"Si nous voulons réussir dans ces négociations, nous avons besoin du soutien du Guide suprême (l'ayatollah Ali Khamenei) et de celui des députés", a déclaré M. Rohani.

Le Guide suprême, qui a le dernier mot sur le programme nucléaire, a apporté son soutien aux négociateurs iraniens mais a aussi exprimé son pessimisme quant à la possibilité d'une avancée des discussions, évoquant les décennies d'hostilité puis de méfiance de l'Occident vis-à-vis de l'Iran.

Les durs du régime iranien sont également sceptiques et redoutent que les négociateurs, menés par le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, ne fassent trop de concessions.

M. Rohani a répété que l'Iran ne "plierait devant aucune puissance" et que les sanctions qui pèsent lourdement sur l'économie du pays n'obligeaient pas pour autant l'Iran à négocier.

"Nous avons expliqué de manière pratique et verbalement aux parties en présence que les menaces, les sanctions, les humiliations et les discriminations ne produiraient jamais aucun résultat", a-t-il déclaré.

Les grandes puissances et Israël, considérée comme la seule puissance nucléaire de la région, soupçonnent l'Iran de chercher à obtenir l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, malgré les démentis de Téhéran.

Lundi, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Yukiya Amano, est attendu à Téhéran, alors que l'agence onusienne tente depuis deux ans de conclure avec Téhéran un accord sur une "approche structurée", qui couvrirait tous les points soulevés par l'AIEA dans son sévère rapport de 2011.

L'agence soupçonne l'Iran d'avoir cherché à se doter de l'arme atomique avant 2003 et veut faire la lumière sur les "questions en suspens", notamment en effectuant des visites dans les installations iraniennes.

Israël fera tout pour convaincre le monde d'éviter un "mauvais accord" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche qu'Israël ferait son possible pour convaincre la communauté internationale d'empêcher un "mauvais accord" sur le nucléaire iranien avant la reprise des négociations avec Téhéran le 20 novembre.

"Nous ferons tout pour convaincre les puissances et leurs dirigeants d'éviter de conclure un mauvais accord avec l'Iran", a affirmé M. Netanyahu lors du conseil des ministres.

"Mais il ne faut pas nous faire d'illusion, il y a une ferme volonté de parvenir à un accord", a ajouté le Premier ministre. "J'espère qu'il s'agira d'un bon accord qui permettra de réduire ou de démanteler totalement les capacités de l'Iran de se doter de l'arme nucléaire".

A l'issue d'une rencontre tendue vendredi à Tel-Aviv avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, M. Netanyahu avait déjà martelé que l'accord en discussion avec l'Iran, ennemi juré d'Israël, était "un très mauvais accord".

Trois jours d'intenses négociations entre l'Iran et six puissances mondiales à Genève se sont achevés dans la nuit de samedi à dimanche sans déboucher sur un accord sur le programme nucléaire iranien.

Toutefois, le chef de la diplomatie britannique William Hague a assuré dimanche matin: un accord "est sur la table et peut être conclu".

Israël, considéré comme la seule puissance atomique de la région, et l'Occident accusent l'Iran de dissimuler un volet militaire derrière son programme civil, ce que Téhéran dément en revendiquant son droit au nucléaire civil.

Israël a maintes fois menacé de mener une attaque préventive contre les sites nucléaires iraniens.

Rendez-vous le 20 novembre

Une nouvelle réunion sur le programme nucléaire iranien se tiendra à Genève le 20 novembre, a annoncé dimanche à la première heure la diplomate en chef de l'Union Européenne, Catherine Ashton, qui préside ces négociations.

"Beaucoup de progrès ont été accomplis mais certaines questions demeurent", a-t-elle dit. "Notre objectif est de parvenir à une conclusion et nous allons revenir pour essayer d'y arriver", a ajouté Mme Ashton. La prochaine réunion se tiendra au niveau des directeurs politiques et s'il y a accord ils seront rejoints par les ministres, selon le vice ministre iranien des affaires éterangères Abbas Araghchi.

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé ne "pas être déçu" en dépit de cette absence d'accord après trois jours d'intenses négociations avec le groupe 5+1 (Etats Unis, Chine; Russie, France, Grande Bretagne plujs l'Allemagne);

"Je ne suis absolument pas déçu", a-t-il dit aux journalistes. "Nous travaillons ensemble et heureusement nous allons être capables de parvenir à un accord quand nous nous rencontrerons à nouveau", a affirmé M. Zarif. "Nous avons eu trois jours très productifs sur lesquels nous pouvons construire", a-t-il ajouté.

Interrogée sur la position de la France et son rôle éventuel dans l'absence d'accord, Mme Ashton a dit "ne pas vouloir entrer dans le détail des discussions". "La France joue un rôle important dans le groupe européen (avec la Grande Bretagne et l'Allemagne) et ils ont joué un rôle important aujourd'hui comme ils le font dans chaque négociation", a-t-elle dit.