Le président Obama est attendu dimanche à Newtown, où la police du Connecticut poursuit son enquête pour tenter de comprendre comment et pourquoi un jeune homme de 20 ans a tué froidement vingt enfants de 6 à 7 ans et six adultes dans l'école de Sandy Hook, traumatisant l'Amérique.

Deux jours après le massacre, Barack Obama "rencontrera les familles des disparus et remerciera les services d'urgence". Il s'exprimera lors d'une cérémonie religieuse à 19H00 locales (minuit GMT), a indiqué la Maison Blanche. La police a dévoilé samedi l'identité des 26 victimes de cette école de Newtown, au nord de New York.

Parmi elles, 12 petites filles et 8 petits garçons. Seize avaient six ans, les quatre autres sept ans. Le plus jeune, Noah Pozner, avait eu 6 ans le 20 novembre, le plus âgé, Daniel Barden, 7 ans le 25 septembre. Tous étaient en cours préparatoire, selon les autorités.

Parmi les six adultes tués, tous des femmes, figurent la directrice, deux institutrices et la psychologue de l'école.

Pour ajouter à l'horreur, le médecin légiste Wayne Carver a précisé que les enfants et les femmes tuées par Adam Lanza, 20 ans, qui s'est ensuite suicidé, avaient tous été visés à plusieurs reprises. "De 3 à 11 fois pour les sept que j'ai examinés personnellement", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Visiblement ébranlé, il a ajouté qu'il n'avait jamais rien vu de pire en trente ans de carrière.

Enfant du pays, Adam Lanza était entré "de force" dans l'école, pourtant fermée après l'entrée des élèves. Il avait amené trois armes qui appartiendraient à sa mère, deux pistolets et un fusil semi-automatique. Il a, selon M. Carver, utilisé ce dernier, apparemment un Bushmaster 233.

Une enquête fructueuse

L'enquête, menée à l'école et dans la luxueuse maison où le jeune tueur vivait avec sa mère -- abattue chez elle avant le massacre -- a permis de rassembler de "très bons éléments" qui, "nous l'espérons, permettra de peindre une image complète de comment, et surtout pourquoi, cela s'est produit", a déclaré le porte-parole de la police du Connecticut, Paul Vance.

Dans la petite ville de 27.000 habitants, plusieurs veillées funèbres ont eu lieu samedi soir. Des ballons blancs, des cartes, des peluches, des fleurs ont été apportés près de l'école, en un mémorial improvisé.

Dans une intervention bouleversante, le père d'une petite victime, Emilie Parker, 6 ans, a fait part de son incopréhension et présenté ses condoléances aux familles, y compris celle de Lanza.

Victoria Soto, 27 ans, aurait été tuée après avoir caché ses élèves dans un placard. La directrice, Dawn Hochsprung, 47 ans, et la psychologue Mary Sherlach, 56 ans, l'ont été alors qu'elles couraient pour protéger les enfants après avoir entendu les coups de feu, a expliqué une responsable de l'école, Janet Robinson.

Mary Ann Jacob, employée de la bibliothèque, a raconté qu'elle s'était enfermée avec trois adultes et 18 enfants dans une remise à ordinateurs, avec de quoi dessiner. Elle a expliqué aux enfants qu'il s'agissait d'un exercice.

Une élève, Lenie Urbina, 9 ans, a, elle, raconté à ses parents avoir entendu quelqu'un dire: "Les mains en l'air, et puis bang, bang, bang".

La personnalité d'Adam Lanza reste encore floue. D'anciens camarades de classe l'ont décrit comme timide, solitaire et très intelligent, n'affichant que peu d'émotions. Mais il ne semble pas avoir donné de signe montrant qu'il s'apprêtait à commettre un massacre.

Certains ont évoqué le syndrome d'Asperger, un trouble du spectre autistique caractérisé par des difficultés dans les interactions sociales. Mais cela n'a pas été confirmé.

Ce massacre, perpétré à quelques jours de Noël, est le deuxième plus grave jamais commis dans un établissement scolaire américain, après celui du campus de Virginia Tech (Virginie, est) en avril 2007, où un étudiant de 23 ans avait abattu 32 personnes avant de se tuer.

Barack Obama, submergé par l'émotion, a appelé les Américains à être solidaires des proches des victimes, et a évoqué la nécessité de "prendre des mesures significatives pour empêcher de telles tragédies".

La problématique du port d'arme

Le drame a relancé, comme souvent, le débat sur les armes à feu. Plusieurs responsables politiques ont appelé à vite s'attaquer problème.

Les armes causent chaque année aux Etats-Unis 31.000 décès, dont 18.000 sont des suicides. Plus de 300 millions d'armes à feu y sont en circulation. La tuerie a siscité des réactions horrifiées dans le monde entier.

Aux Etats-Unis, la fédération de football américain (NFL) a annoncé que des minutes de silence seraient respectées lors des matchs de dimanche. Les Giants et les Jets de New York prévoyaient de porter sur leurs casques des étiquettes estampillées "SHES", l'acronyme de l'école élémentaire de Sandy Hooks.