Le président Barack Obama a jugé mercredi qu'un groupe comme l'Etat islamique (EI), qui a revendiqué la décapitation d'un journaliste américain, était un "cancer" qui n'avait "pas sa place au XXIe siècle".

"L'EI ne parle au nom d'aucune religion. Aucune religion ne dit de massacrer des innocents. Leur idéologie est creuse", a affirmé M. Obama.

Appelant "les gouvernements et les peuples du Moyen-Orient" à travailler ensemble pour "extraire ce cancer afin qu'il ne se répande pas", il a promis que les Etats-Unis, qui procèdent à des frappes aériennes en Irak depuis dix jours, continueraient à lutter contre ces jihadistes ultra-radicaux.

"Ils ont saccagé des villes et des villages, tuant des civils innocents et non armés dans des actes de violence d'une grande lâcheté", a souligné M. Obama, le visage grave, lors d'une allocution depuis Edgartown, dans le Massachusetts, où il passe des vacances en famille.

"Ils ont enlevé des femmes, les soumettant à la torture, au viol, à l'esclavage. Ils ont assassiné des musulmans - aussi bien sunnites que chiites - par milliers. Ils s'en sont pris aux Chrétiens et aux minorités religieuses", a-t-il poursuivi.

"Nous serons vigilants et implacables. Quand des Américains sont visés quelque part, nous faisons ce qui est nécessaire pour que justice soit faite", a-t-il met en garde, appelant à "un rejet clair de ce type d'idéologies nihilistes".

Le président américain a précisé avoir parlé à la famille de James Foley après une exécution qui "choque la conscience du monde entier".

La Maison Blanche a confirmé mercredi l'authenticité de la vidéo diffusée mardi montrant l'assassinat du journaliste américain. Dans une vidéo diffusée sur internet, l'EI montre un homme masqué et habillé de noir qui coupe la gorge de James Foley. Celui-ci avait été enlevé par des hommes armés en novembre 2012 en Syrie.


Les USA envisagent d'envoyer des troupes supplémentaires en Irak

Le Pentagone envisage d'envoyer "un peu moins de 300" soldats américains supplémentaires en Irak à la demande du département d'Etat, a indiqué un haut responsable américain mercredi.

Ces troupes supplémentaires, qui devraient aider à protéger les installations diplomatiques américaines, porteraient à environ 1.150 le nombre de soldats et de conseillers militaires américains présents en Irak, alors que le pays fait face aux jihadistes de l'Etat islamique.

Interrogée sur la requête de son ministère, Marie Harf, une porte-parole de la diplomatie américaine, a dit ne pas être au courant de cette information.

A l'heure actuelle, près de 850 soldats et conseillers militaires se trouvent en Irak, un peu plus de deux ans et demi après le retrait des troupes américaines du pays.

Ils ont pour mission de protéger le personnel et les bâtiments diplomatiques américains et d'épauler l'armée irakienne et les forces kurdes des peshmergas contre les extrémistes sunnites, auteurs d'une fulgurante avancée dans le nord de l'Irak depuis début juin.

En outre, les forces aériennes américaines ont procédé à 84 frappes contre l'EI depuis le 8 août dans le nord de l'Irak, dont la majorité étaient destinées à protéger le barrage stratégique de Mossoul.


"De plus en plus probable" que le bourreau non identifié soit britannique

Il apparait "de plus en plus probable" que le bourreau non identifié apparaissant sur la vidéo de l'Etat islamique (EI) montrant la décapitation du journaliste américain James Foley soit un Britannique, a indiqué mercredi soir le Premier ministre David Cameron.

"Nous n'avons pas encore identifié l'individu responsable de cet acte, mais pour autant qu'on puisse en juger, il apparaît de plus en plus probable qu'il s'agisse d'un ressortissant britannique", a dit le chef du gouvernement au sortir d'une des nombreuses réunions de crise qu'il a présidées dans la journée. Plusieurs experts avaient préalablement souligné l'accent britannique de l'intéressé.


Deux ex-otages français qui avaient été détenus avec Foley souligne son courage

Les journalistes français Didier François et Nicolas Hénin ont révélé mercredi qu'ils avaient été retenus en otage en Syrie au côté du journaliste américain James Foley et ont souligné son courage pendant cette détention. "C'était un garçon extraordinaire (...), un compagnon de détention extrêmement agréable, très solide", a confié Didier François sur Europe 1, annonçant qu'il avait été détenu avec James Foley d'octobre 2013 jusqu'à sa libération en avril dernier.

"Je n'en avais jamais parlé publiquement (...) puisque les ravisseurs nous avaient menacés avant de partir de représailles sur les otages restants".

Sa mort est "un choc terrible, particulièrement pour sa famille", a ajouté Didier François, qualifiant James Foley de "journaliste très expérimenté".

Didier François a souligné le courage de son confrère américain: "C'est quelqu'un qui ne s'est jamais totalement soumis aux ravisseurs. Il a été extrêmement collectif durant toute la détention, en demandant notamment de la nourriture pour tout le monde".

"C'est un garçon d'une très grande bravoure (...), qui n'a pas eu de chance", a pour sa part déclaré Nicolas Hénin, indiquant que James Foley avait été "plus maltraité" que les autres otages.

"En fouillant son ordinateur, ils ont découvert que son frère travaillait dans l'US Air Force. A cause de cela et en tant qu'Américain, il a eu droit +à un traitement de faveur+", a-t-il expliqué.

"Il est devenu le souffre-douleur des geôliers. Il s'en prenait plein la gueule mais il restait impassible."

Didier François a également précisé avoir été détenu pendant neuf mois avec Steve Sotloff, autre journaliste américain encore retenu en otage.

Dans sa vidéo diffusée mardi sur internet, l'EI menace ce dernier d'exécution si le président Barack Obama ne met pas fin aux frappes aériennes contre les jihadistes dans le nord de l'Irak.

En avril, la France aurait versé 18 millions de dollars pour la libération de quatre journalistes français - dont Didier François -, selon l'hebdomadaire allemand Focus, une affirmation "catégoriquement" démentie par Paris.

En juillet, une enquête du New York Times évoquait les rançons payées par des pays européens. Selon le quotidien américain, les États-Unis et la Grande-Bretagne refusent de payer pour libérer leurs ressortissants enlevés. Seuls quelques-uns d'entre eux ont été sauvés, soit par des interventions militaires, soit en s'évadant.