"L'avenir ne doit pas appartenir pas à un dictateur qui massacre son peuple", a lancé M. Obama dans un discours à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU. Il a estimé que le régime syrien devrait subir des "sanctions" s'il persistait à réprimer son opposition. "S'il y a une cause qui doit susciter des protestations dans le monde aujourd'hui, c'est bien ce régime qui torture ses enfants et tire des roquettes dans les appartements", a-t-il ajouté.

La communauté internationale, a-t-il dit, doit "s'assurer que ce qui a commencé par des citoyens réclamant leurs droits ne se termine pas par un cycle de violences sectaires". "Nous devons nous tenir aux côtés des Syriens qui ont une autre vision" de leur pays, d'une "Syrie unie dans laquelle les enfants n'ont rien à craindre de leur propre gouvernement et où tous les Syriens ont leur mot à dire, les sunnites et les alaouites, les kurdes et les chrétiens", a encore déclaré M. Obama.

"Nous croyons que les Syriens qui adoptent cette vision auront la force et la légitimité nécessaires pour diriger" leur pays. Pour ce faire, le président américain a préconisé "des sanctions et des conséquences pour ceux qui persécutent et de l'aide et du soutien pour ceux qui travaillent au bien commun".

Empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire

Barack Obama a promis mardi devant l'Assemblée générale de l'ONU que les Etats-Unis feraient "ce qu'ils doivent faire" pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, et a affirmé que le régime du président syrien Bachar al-Assad devait "prendre fin". Quelques minutes avant le président américain, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'était dit inquiet des menaces de guerre agitées ces dernières semaines par Israël et l'Iran autour du programme nucléaire de Téhéran.

"Je rejette (...) les menaces d'action militaire d'un Etat contre un autre", a-t-il déclaré, faisant allusion aux tensions entre Israël, qui menace de frapper préventivement des sites nucléaires iraniens, et Téhéran, qui conteste l'existence de l'Etat d'Israël. "De telles attaques seraient dévastatrices", a-t-il affirmé: "La rhétorique de guerre assourdissante de ces dernières semaines est inquiétante".

"Ne vous méprenez pas: un Iran doté de l'arme nucléaire (...) ferait peser des menaces sur l'existence d'Israël, sur la sécurité des pays du Golfe, et sur la stabilité de l'économie mondiale", a de son côté martelé Barack Obama. "C'est la raison pour laquelle une coalition de nations demande des comptes au gouvernement iranien. Et c'est pourquoi les Etats-Unis feront ce qu'ils doivent faire pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire", a-t-il ajouté dans son discours, qui précédait notamment celui de son homologue français François Hollande.

"L'Amérique veut résoudre ce dossier par la diplomatie et nous pensons qu'il y a encore le temps et l'espace nécessaires pour le faire. Mais ce temps est limité", a encore poursuivi le président américain, répétant un message déjà prononcé plusieurs fois. Plus de 120 chefs d'Etat, Premiers ministres et ministres sont attendus cette semaine à New York pour la 67e session de l'Assemblée générale de l'ONU qui s'est ouverte mardi.

Dès lundi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait fustigé les puissances occidentales qui imposent des sanctions à l'Iran à cause de son programme nucléaire. Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie.

Evoquant la situation en Syrie, Barack Obama a par ailleurs affirmé que le régime de Bachar al-Assad devait "prendre fin" pour "que soit mis un terme aux souffrances de la population syrienne". "L'avenir ne doit pas appartenir pas à un dictateur qui massacre son peuple", a lancé M. Obama dans un discours à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.

A six semaines de la présidentielle américaine, Barack Obama est également revenu sur le film islamophobe - "L'Innocence des musulmans" - produit aux Etats-Unis qui a entraîné des manifestations meurtrières dans le monde musulman et la mort de l'ambassadeur américain en Libye dans l'attaque du consulat de Benghazi, le 11 septembre.

Qualifiant ce film de "répugnant", le président américain a souligné que cette "insulte visant non seulement les musulmans mais aussi l'Amérique" ne justifiait "aucune violence" et a promis de traquer les responsables de l'assaut contre le consulat de Benghazi. "Ici aux Etats-Unis, un nombre infini de publications constituent des offenses. Comme moi, la majorité des Américains sont chrétiens, et cependant nous n'interdisons pas le blasphème contre nos croyances les plus sacrées", a-t-il aussi souligné.

"Quand de nos jours n'importe qui avec un téléphone portable peut d'un seul clic répandre des images offensantes, penser que nous pouvons contrôler le flot d'information est dépassé", a-t-il poursuivi. Malgré les violences antiaméricaines des derniers jours, Barack Obama a jugé que le Printemps arabe constituait "un progrès".

Le président français François Hollande, pour sa première apparition à la tribune du palais des Nations unies à New York depuis son élection le 6 mai, devait de son côté appeler à soutenir le déploiement d'une force africaine au Mali pour aider à combattre les islamistes armés qui tiennent le nord du pays.

Le Printemps arabe est "un progrès", malgré les récentes violences

Le président américain Barack Obama a salué mardi devant l'Assemblée générale de l'ONU le "progrès" que représente le Printemps arabe, malgré les violences antiaméricaines qui secouent le monde arabo-musulman depuis deux semaines. "Les évènements des deux dernières semaines montrent qu'il nous faut honnêtement dissiper les tensions entre l'Occident et le monde arabe qui avance vers la démocratie", a déclaré le président des Etats-Unis.

Les Etats-Unis sont sous le choc depuis l'attaque du 11 septembre contre leur consulat à Benghazi (Libye) qui a coûté la vie à leur ambassadeur et ils cherchent à répondre à la vague de violences en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Asie soulevée par un obscur film amateur américain dénigrant l'islam.

Le président Obama a répété ce que lui et sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton disent sur tous les tons depuis deux semaines à l'adresse des gouvernements et peuples des pays arabes et musulmans: la vidéo "L'Innocence des musulmans" est "répugnante" et Washington promet de retrouver ceux qui ont tué l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains à Benghazi.

Mais à la tribune des Nations unies, le président américain a brossé un tableau plutôt optimiste des révolutions démocratiques sans précédent qui ont renversé des régimes autoritaires dans des pays arabes en 2011. "Rappelons-nous que nous sommes au temps du progrès. Pour la première fois depuis des décennies, les Tunisiens, les Egyptiens et les Libyens ont désigné de nouveaux dirigeants lors d'élections qui ont été crédibles, disputées et justes", s'est félicité M. Obama.

Mais "au même titre que nous ne pouvons pas régler tous les problèmes du monde, les Etats-Unis n'ont pas cherché, et ne chercheront pas, à dicter le résultat des transitions démocratiques à l'étranger et nous ne nous attendons pas à ce que toutes les nations soient d'accord avec nous sur tout", a expliqué le président.

Il a également répété que les "violences des dernières semaines ou les discours haineux de certains n'étaient pas le reflet de ce que pense l'immense majorité des musulmans, pas plus que le point de vue des gens qui ont fait cette vidéo ne représente celui des Américains". Inquiète des violences antiaméricaines dans le monde arabe, Mme Clinton avait exhorté lundi la communauté internationale à se dresser contre l'extrémisme islamiste. Elle enchaîne toute la semaine les rencontres bilatérales, dont une majorité avec des dirigeants musulmans.

Depuis deux semaines, Washington martèle le même message à l'adresse des pays arabes et musulmans: les Etats-Unis ne "tourneront pas le dos" aux peuples et aux dirigeants de ces nations qui "n'ont pas troqué la tyrannie d'un dictateur pour la tyrannie des foules". Mme Clinton l'avait encore répété lundi à New York à la veille de l'AG de l'ONU.