L'élargissement de pouvoir de l'ex-Premier ministre australien continue de faire scandale : "Il enfreint les principes politiques démocratique"

L'ancien Premier-ministre, Scott Morrison, avait profité de la pandémie de Covid pour s’octroyer secrètement des compétences. Une histoire qui fait scandale en Australie.

ANP
L'élargissement de pouvoir de l'ex-Premier ministre australien continue de faire scandale : "Il enfreint les principes politiques démocratique"
©AP

L'ex-Premier ministre australien Scott Morrison, qui a reconnu la semaine dernière s'être octroyé en secret cinq portefeuilles ministériels pendant la pandémie de Covid-19, pouvait légalement s'attribuer ces postes. Toutefois, ce faisant, il a "fondamentalement enfreint" les principes sous-tendant une gestion politique responsable et démocratique, a souligné mardi son successeur Anthony Albanese en rapport avec l'avis rédigé par le procureur-général. Le cabinet du Premier ministre entend dès lors approfondir l'enquête qui vise M. Morrison.

Dans son avis, le procureur-général critique principalement le fait que ni la population, ni le Parlement n'ont été informés de ces "auto-désignations". Dès le début de la pandémie en mars 2020, Scott Morrison s'était nommé secrètement à cinq postes ministériels, ceux de la Santé, des Finances, des Ressources, de l'Énergie et des Sciences. Un procédé "incompatible avec les conventions et usages qui soutiennent le système de bonne gouvernance inscrit dans la Constitution", souligne le procureur.

En Australie, le Premier ministre choisit les membres de son gouvernement parmi les élus, qui sont ensuite assermentés par le gouverneur général lors d'une cérémonie officielle généralement publique et enregistrée.

M. Morrison avait justifié de manière confuse la manœuvre en assurant avoir ainsi assuré la continuité du gouvernement au cas où un ministre serait indisponible en raison de la pandémie de coronavirus.

Via le portefeuille des Ressources qu'il s'était attribué, l'ex-Premier ministre avait cependant bloqué un projet controversé d'exploitation de gaz en mer, sans lien avec la crise sanitaire. Cette décision a été attaquée en justice par l'entreprise lésée.

Scott Morrison avait déclaré précédemment que la pandémie avait constitué une période exceptionnelle durant laquelle lui seul portait la responsabilité de son pays.