Dans toute l'île-continent, bars, magasins et restaurants peinent à trouver des travailleurs, le pays étant privé des cohortes de routards étrangers qui, en temps normal, financent leur voyage en Australie grâce aux petits boulots.

Cette main d'oeuvre s'est en effet tarie du fait de la fermeture des frontières lié à la pandémie, et dans toutes les villes touristiques de la côte Est, fleurissent sur les devantures des commerces les panneaux indiquant que des bras sont recherchés.

A l'échelle nationale, le nombre de postes à pourvoir est en hausse de près de 30%, selon les statistiques du gouvernement, et le plein emploi devrait prochainement être atteint.

Dans le Queensland, le problème est devenu tel que la Première ministre de l'Etat Annastacia Palaszczuk a commencé jeudi à proposer une prime de 1.750 dollars australiens (1.100 euros) à toute personne venant s'installer dans l'Etat pour travailler dans le secteur touristique.

"Nous vivons dans un des plus beaux endroits au monde", a déclaré Mme Palaszczuk. "Cette campagne va donner aux Australiens encore plus de raisons de venir travailler au paradis."

"Cuisiniers, serveurs, barmen, mais aussi guides touristiques ou matelots sur les bateaux allant sur la Grande barrière de corail... Il y a quantités de super postes à pourvoir."

Les frontières australiennes ne devraient pas rouvrir avant un an, et le problème de main d'oeuvre devrait s'aggraver avec la reprise progressive du tourisme intérieur.

En Australie occidentale, plusieurs groupes miniers ont averti qu'ils allaient devoir réduire la production, ce qui pèsera sur les résultats, et ce parce que certains postes ne sont pas pourvus.

Jeudi, la compagnie Virgin Australia a annoncé un nouveau plan de recrutement portant sur des centaines de nouveaux postes, en lien avec le lancement de 700 nouvelles liaisons par semaine.

Le problème est particulièrement grave en Australie du fait de la fermeture presque totale des frontières, mais des économistes estiment que d'autres pays pâtiront de pénuries de main d'oeuvre avec l'accélération de la levée des restrictions.

Ainsi aux Etats-Unis, des responsables de la Réserve fédérale ont mis en garde contre un manque de main d'oeuvre au moment où l'économie renouera avec une forme de normalité.

En Russie, le BTP, qui s'appuie en temps normal sur des travailleurs immigrants moins coûteux doit embaucher une main d'oeuvre russe plus onéreuse.