Avec seulement 19 morts et 1.472 personnes contaminées, la Nouvelle-Zélande a levé lundi les premières mesures de confinement du pays. "Nous avons remporté la bataille", estime même la Première ministre Jacinda Ardern, qui reste tout de même sur ses gardes.

"Frapper vite et frapper fort". Au moment d'annoncer en mars les mesures de restrictions les plus contraignantes de l'histoire moderne du pays, la Nouvelle-Zélande s'était fixée pour objectif, non pas de ralentir l'épidémie de coronavirus, mais tout simplement de l'éradiquer. "Si nous ne le contrôlons pas, notre système de santé va être submergé et des dizaines de milliers de Néo-Zélandais vont mourir", avait alors expliqué la Première ministre Jacinda Ardern pour justifier ses décisions. "Le scénario du pire est simplement intolérable. Cela représenterait le bilan le plus grave de l'histoire néo-zélandaise et je ne prendrai pas ce risque."

Ce lundi, la femme de 39 ans, qui a informé mi-avril qu'elle-même et ses ministres baissaient leur salaire de 20% pendant 6 mois, a annoncé un premier assouplissement des mesures, passant du niveau 4 d'alerte, le plus élevé, au niveau 3. "Nous avons remporté la bataille. Il n'y a plus de transmission généralisée et non-contrôlée dans le pays", expliquait-elle.

Aidée par son isolement du reste du monde, la Nouvelle-Zélande n'a pas attendu que l'épidémie devienne incontrôlable pour agir. Le 14 mars, toute personne qui voulait entrer sur le territoire devait se mettre en quarantaine pour deux semaines. Cinq jours plus tard, alors qu'on recensait 22 malades, les frontières ont été fermées. Et dès le 26 mars, quasiment tout le pays a été mis à l'arrêt.

"En Nouvelle-Zélande, il n'y a pas autant de lits disponibles en soins intensifs que dans d'autres pays. C'est aussi pour cette raison que Jacinda Ardern a agi très vite", expliquait alors la microbiologiste de l'université d'Auckland Siouxsie Wiles.

© AFP

Dans ce pays de 5 millions d'habitants, tous les commerces non-essentiels ont dû fermer, y compris les services de livraison de repas. Les écoles, les bureaux ou les plages étaient également concernés. En outre, le pays a mis en place une politique de testing particulièrement efficace (près de 8.000 tests par jour pour une population deux fois moins nombreuse qu'en Belgique), qui a permis de très vite détecter les malades et de les isoler.

Cinq semaines plus tard, cela semble porter ses fruits. L'épidémie est maîtrisée et les premières mesures ont été assouplies. "Nous devons rester vigilants pour que ça continue", insiste tout de même Jacinda Ardem. Raison pour laquelle le déconfinement, malgré les chiffres encourageants, se fera aussi progressivement. Les Néo-Zélandais peuvent par exemple à nouveau s'adonner à des activités comme la pêche, la chasse, le surf, la nage et même le golf. Les commerces de détail ont pu rouvrir leurs portes à condition qu'il n'y ait pas de contact physique au moment des achats.

Les rassemblements de dix personnes au maximum sont autorisés pour des occasions comme des mariages ou des enterrements. Les établissements horeca ont pu rouvrir, ce qui a d'ailleurs causé de longues files d'attente dès leur réouverture mardi. Quant aux écoles, elles rouvriront à partir de ce mercredi même si on annonce un taux de fréquentation encore très faible.

Prudence tout de même

Néanmoins, il n'y a pas de triomphalisme outre mesure. Le gouvernement a rappelé que la distanciation sociale restait le principe numéro un à appliquer. En bord de route, des panneaux lumineux continuent d'afficher le message "Restez chez vous, sauvez des vies". Dans l'ensemble, la population reste disciplinée et reste confinée. Le niveau d'alerte 3 devrait demeurer en vigueur durant au moins deux semaines. Avant d'éventuellement être assoupli une nouvelle fois. Mais Jacinda Ardern a déjà prévenu: "Nous allons continuer à chercher les derniers cas comme les aiguilles dans une botte de foin".