Le Premier ministre australien Scott Morrison, citant des accusations de "manquements graves et peut-être criminels", a pris cette décision pour que cette affaire soit réglée en Australie, afin d'anticiper toute saisine éventuelle de la Cour pénale internationale (CPI). Des commandos d'élite australiens furent déployés en Afghanistan aux côtés des Etats-Unis et de leurs alliés dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Depuis, les médias australiens se sont faits l'écho de nombre d'accusations très graves contre les forces australiennes, qu'il s'agisse du cas d'un homme qui aurait été abattu pour faire de la place dans un hélicoptère, ou de la mort d'un enfant de six ans lors d'un raid contre une maison.

Le gouvernement avait initialement cherché à fermer les comptes de lanceurs d'alerte faisant état de ces accusations, alors que la police s'en prenait aux journalistes d'investigation les relayant.

De son côté, l'Inspecteur général des Forces de défense australiennes a mené pendant quatre ans une enquête sur "les rumeurs et allégations" de "possibles atteintes au droit de la guerre".

Ces investigations ont permis d'identifier 55 incidents distincts liés au meurtre illégal de "personnes qui n'étaient pas des combattants ou qui n'étaient plus des combattants", ainsi qu'à des "traitements cruels". M. Morrison a précisé qu'une version rédigée du rapport de l'Inspecteur général serait rendue publique dans les prochains jours.

La nomination d'un procureur est une nouvelle étape dans la judiciarisation de ces accusations. Elle pourrait déboucher un jour sur des poursuites contre des membres des forces armées.