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La rançon versée pour libérer les quatre Français pris en otage en septembre 2010 par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) n'a pas été versée par l'Etat français mais plus probablement par les employeurs des anciens captifs, Areva et Vinci, ont affirmé à l'AFP plusieurs sources proches des négociations.

Ces sources, au Sahel et à Paris, contestent vigoureusement les informations publiées mercredi par le quotidien Le Monde selon lesquelles "l'argent a été prélevé sur les fonds secrets alloués aux services de renseignement" français.

Mercredi soir, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait assuré sur TF1 qu'aucun "argent public" n'avait été versé pour parvenir à la libération de Daniel Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Féret. Des déclarations cohérentes avec un paiement par les entreprises, ainsi qu'avec la nouvelle "doctrine" affichée par le gouvernement.

Cette "doctrine" a été rappelée mercredi par l'entourage du président François Hollande: "la France ne verse pas de rançon".

Selon plusieurs sources contactées par Dorothée Moisan, collaboratrice à l'AFP et auteure d'un ouvrage sur le sujet (Rançons, le business des otages, Fayard, octobre 2013), une première rançon de quelque 13 millions d'euros avait déjà été versée conjointement par Areva et Vinci pour libérer trois premiers otages, parmi lesquels Françoise Larribe, l'épouse de Daniel.

Selon une source proche de la médiation nigérienne, la rançon avoisinerait les 20 millions d'euros, un chiffre crédible au vu de la somme versée deux ans et demi plus tôt.

"Il n'y a pas d'illusion à se faire, le vrai montant sortira bientôt", explique un négociateur sahélien, car eux-mêmes (Aqmi, ndlr) vont la rendre publique car il ne faut pas oublier qu'eux considèrent cette rançon comme une victoire. "