Le constructeur automobile sud-coréen Hyundai en France s'est défendu mercredi de tout dumping social après des attaques du ministre français du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui a appelé les consommateurs français à bien réfléchir avant d'acheter leurs produits. Mardi, M. Montebourg, qui s'en était déjà pris aux voitures coréennes dont le succès commercial, selon lui, compromet les constructeurs européens, a accusé le groupe Hyundai-Kia de participer "à une forme de dureté sociale".

"Je dis aux Français qui achètent des Hyundai et des Kia qu'ils participent quand même d'une certaine manière à une forme de dureté sociale (...). La responsabilité du consommateur est de pousser, quand il va à la porte de son concessionnaire, et de regarder ce qu'il y a derrière les vitres de la voiture", selon lui.

"Le dumping commercial (pratiqué selon lui par Hyundai-Kia) ressemble à du dumping social", a lancé le ministre, en indiquant qu'il ne se rendrait pas sur les stands de ces constructeurs lors du Mondial de l'automobile, qui ouvre jeudi à Paris. "Je passerai mon chemin", a-t-il ajouté.

Ces déclarations ont "laissé coi" Hyundai, a réagi Patrick Gourvennec, directeur général de Hyundai en France, à Europe 1. "Le consommateur est suffisamment informé pour éviter ce type de confusion entre des problématiques de dumping social qui n'existent pas et un constructeur qui s'est régionalisé sur l'Europe", a-t-il fait valoir.

Selon lui, seulement 10% des voitures que le groupe vend en Europe viennent de Corée du Sud, le reste étant produit en Europe. Les ventes de Hyundai et de sa filiale Kia ont fortement progressé notamment en Europe, où de nombreux constructeurs locaux, à l'image du français PSA Peugeot-Citroën, sont à la peine.

Début août, M. Montebourg avait annoncé que le gouvernement français demandait à la Commission européenne la "mise sous surveillance des importations de véhicules en provenance de Corée du Sud" dans le cadre de l'accord de libre-échange UE-Corée. Mercredi, lors d'un déplacement dans une usine du français Renault, Arnaud Montebourg a repris un même credo en faveur de l'industrie française, en appelant au "patriotisme économique" pour la défendre.