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Plusieurs milliers de personnes défilaient samedi après-midi à Paris à l'appel de partis d'extrême gauche pour réclamer une inflexion de la politique de François Hollande, à leurs yeux plus favorable aux patrons qu'aux salariés.

"Hollande ça suffit", proclamait une banderole recouvrant la statue de la place de la République, point de départ de cette marche "contre l'austérité, pour l'égalité et le partage des richesses".

Le Grec Alexis Tsipras, candidat de la gauche européenne à la présidence de la Commission européenne, a défilé en tête du cortège aux côtés des leaders du Front de gauche Pierre Laurent (parti communiste) et Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche).

Cette manifestation nationale à l'appel du Front de gauche et d'un collectif de mouvements et d'associations d'extrême gauche intervient moins de deux semaines après le changement de gouvernement décidé par le président français à la suite du désaveu infligé à sa politique lors des élections municipales des 23 et 30 mars.

Cette défaite électorale est imputée par la gauche de la gauche au tournant social-démocrate du chef de l'Etat symbolisé par son Pacte de responsabilité, qui prévoit des baisses de charges pour les entreprises dans l'espoir de relancer la croissance et les embauches.

Les slogans s'en prenaient notamment au nouveau Premier ministre Manuel Valls, symbole aux yeux des manifestants du virage libéral de l'exécutif qui a aussi troublé l'aile gauche du Parti socialiste (PS) au pouvoir.

"Hollande s'est trompé de Premier ministre et nous impose un virage qui n'a pas été discuté, il y a un grand trouble dans l'aile gauche du PS, il nous faut un congrès extraordinaire pour clarifier la ligne politique", a déclaré l'eurodéputé socialiste Liêm Hoang Ngoc, venu participer à la manifestation.

Au milieu des drapeaux rouge, des banderoles proclamaient "quand on est de gauche, on taxe la finance", "quand on est de gauche, on est du côté des salariés", ou encore "quand on est de gauche, en Europe c'est l'humain d'abord".

La manifestation intervient six semaines avant les élections européennes du 25 mai.