"La guerre est une chose trop grave pour la confier aux militaires", aurait dit Georges Clemenceau. Justin Trudeau, nouveau Premier ministre du Canada, n'a semble-t-il pas écouté la parole de l'homme d'Etat français. Ce jeudi 4 novembre, il a présenté ses différents ministres, dont celui chargé de la Défense nationale. C'est Harjit Sajjan qui occupera ce poste. Fait rare: cet homme qui appartient à la communauté sikh est un ancien militaire. Il a notamment servi en Bosnie et en Afghanistan.

Une fois sorti de l'armée, Harjit Sajjan a continué une carrière dans la police. Pendant une dizaine d'années, il a fait partie d'une unité spécialisée dans la lutte contre le crime organisé, peut-on lire sur Slate.fr. Avec son turban et sa barbe fournie, l'ancien militaire a fait forte impression sur les réseaux sociaux où on lui accole le qualificatif de "badass" (un terme argotique que l'on pourrait traduire, dans son sens positif, par "une personne qui déchire").



Politiques experts dans leurs domaines

Le souhait de Justin Trudeau de former une équipe ministérielle composée d'experts dans leurs domaines ne s'arrête pas là. Ainsi, le ministre de la Santé est un médecin, celui de l'Agriculture a été lui-même fermier, le ministre des Sports et des personnes handicapées est une ex-athlète paralympique malvoyante, le ministre de la Pêche et des océans est originaire du Nunavut, une immense circonscription du nord du pays essentiellement composée d'îles... Des spécialistes donc, mais qui ne sont pas pour autant dépourvus d'expériences politiques diverses.

Dans ce gouvernement qui respecte strictement la parité hommes-femmes, on trouve aussi un ministre en charge de l'immigration, de la citoyenneté et des réfugiés, ainsi qu'un ministre qui compte l'environnement et le changement climatique dans ses compétences. Interrogé sur l'importance de désigner 15 hommes et 15 femmes, Trudeau a simplement répondu "parce que nous sommes en 2015" (un moment à voir dans la vidéo ci-dessous).

Lors de la présentation de ses collaborateurs, le Premier ministre canadien a promis que ses ministres seraient "ouverts et transparents dans [leurs] actions". Il a 4 ans pour mener à bien son projet.