Pas facile de dresser le portrait d’un homme dont on sait déjà tout. Il a fait de sa vie un roman-photo, offrant aux médias intéressés les images de ses vacances, de ses joggings, de ses enfants. Il a voulu être le JFK du XXIe siècle, Louis courant sous les bureaux de l’Elysée là où John-John trainait sous le bureau ovale. Il s’est sans doute pris les pieds dans le tapis de la sur-médiatisation.

11 ans de vie commune et une campagne présidentielle menée de main de maître mettront à mal son mariage avec Cécilia. Elle se lassa, l’abandonna aux portes de l’Elysée : il serait seul pour mener son quinquennat. Seul ? C’est mal connaître le personnage. Un mois à peine après l’officialisation du divorce, il rencontrait Carla, ex-mannequin, futur ex-chanteuse, belle à damner un saint. Un rien trop grande peut-être. Un rien trop à gauche pensait-on. Finalement, non : elle avouera n’être pas si rouge que ça. Lui renforcera ses talonnettes.

Son entrée dans la fonction présidentielle aurait difficilement pu être plus mauvaise : un souper au Fouquet’s et des vacances sur le yacht de Bolloré ont fait de lui, pour les 5 ans à venir, le ‘Président des riches’. Il espérait que la ‘gauche caviar’ représentée par Strauss-Kahn lui permettrait de renvoyer le compliment pendant cette campagne 2012. Les affaires que l’on sait le mettent face au moins bling-bling François Hollande. Il fera son mea culpa : oui, c’était une erreur mais tout cet or avait pour but de garder Cécilia. Pour 2012, rien de tout cela : Giulia est venue compléter la famiglia et comme le dit Sarkozy, plus besoin de paillettes. Le soir de la victoire, si victoire il y a, il fêtera ça en famille.

« Regardez-moi, regardez-moi » semblait-il quémander au début du quinquennat. La crise économique l’a obligé à se poser, il a revêtu ses habits de Président et s’est attiré les faveurs des grands de ce monde qu’il rêvait de pouvoir appeler par leurs prénoms. Ils donnent désormais du Barack, du David et du Angela à ses homologues. Il met en place un plan de sauvetage des banques françaises, tient tête aux agences de notation, s’accroche à son triple A. Il en perdra un dans la bataille mais s’en sort avec les honneurs. Il est agité, survitaminé, surexcité. Il n’est jamais épuisé mais épuisent ceux qui l’observent. Il multiplie les réformes, les promesses, les sorties médiatiques.

Le jour de la naissance de sa fille, il trouve le temps de rejoindre Merkel à Francfort pour discuter de l’avenir de la zone euro puis retour recta à Paris pour assister aux premiers cris de l’enfant.

Les retraites, l’emploi, la Libye, l’immigration, la sécurité, le RSA, la libération d’Ingrid Betancourt, le renforcement puis le retrait annoncé de l’armée française en Afghanistan, le traité européen, le plan de sauvetage de l’euro,... Sarkozy est dans tous les coups. Après tout, ‘travailler plus pour gagner plus’, c’était de lui. Il a travaillé ces 5 dernières années. Pour gagner plus d’un mandat ?

On le dit battu le 6 mai prochain, mais Nicolas Sarkozy n’est jamais aussi bon que dans le combat. Son rôle préféré est sans conteste celui de candidat. Des riches, du peuple, qu’importe, mais candidat. Les bras levés sur le podium de Villepinte, les mains serrées à la centrale de Saint-Laurent-les-eaux, les paroles rassurantes aux ouvrières de Gironde avec qui il partage les joies de l’allaitement aux lendemains de la naissance de sa fille. Il connaît la machine. C’est lui qui l’a créée en 2007. Et il en reste le maître. Incontesté.