Peut-on parler de problème des banlieues en Belgique?

Non, en termes de structure urbaine, il y a des différences entre la France et la Belgique. Certaines politiques d'habitat, comme l'implantation d'HLM à grande échelle, ont été appliquées de manière beaucoup plus modeste chez nous. En Belgique, on ne trouve pas ou peu -je pense notamment à Droixhe- ces immenses ensembles de barres et de tours en périphérie des villes comme en France. Mais, cela ne veut pas dire qu'en Belgique il n'existe pas de quartiers dits «sensibles».

Selon vous, des explosions de violence urbaine à l'instar de la France sont-elles également possibles en Belgique?

Nous ne sommes pas à l'abri du danger, même si c'est avec moins d'acuité qu'en France ou au Royaume-Uni. La manière dont fonctionne le tissu social en Belgique est différente, il est plus ouvert. Le dispositif d'intégration sociale des allochtones est plus performant, les effets du racisme et de la xénophobie sont moins prononcés. Par ailleurs, la population n'est pas groupée dans des lieux surdimensionnés susceptibles de provoquer des mouvements de foule.

Même si dans une bien moindre mesure, on a déjà assisté à des désordres dans certains quartiers...

Les frustrations, le désespoir, la colère ne se développent pas seulement qu'à l'ombre des tours et des barres. (R.C.)

© La Libre Belgique 2005