Philippe Séguin, premier président de la cour des comptes, est mort d'une crise cardiaque dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 66 ans. Sa dépouille a été transférée vers 11H00 de son domicile parisien au funérarium des Batignolles dans le nord de Paris. Le corps a été placé dans un fourgon mortuaire qui s'est rendu au funérarium situé près de la porte de Clichy.

Autour du domicile du président de la Cour des comptes, rue du maréchal Lyautey dans le 16e arrondissement de Paris, des policiers tenaient les journalistes à distance, la famille ayant demandé la plus stricte intimité. Aucune personnalité, ni membre de la famille n'était visible au moment du départ du corps.

L'ancien président de l'Assemblée nationale, ancien président du RPR est mort à son domicile à Paris, dans le XVe arrondissement de Paris, d'une crise cardiaque, a-t-on appris de source policière et auprès d'un de ses proches. Les pompiers appelés sur place ont constaté son décès vers 7H20, a-t-on ajouté.

Aussitôt connu, le décès de Philippe Séguin, grand pourfendeur du traité de Maastricht et gaulliste convaincu, a provoqué de nombreuses réactions. "C'est évidemment une nouvelle qui me bouleverse parce que Philippe Séguin était un ami très cher, un homme passionné aimant son pays" et "pour la France c'est une grand perte", a déclaré sur RTL l'ancien ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, qui était très proche de Philippe Séguin. "Il était profondément pénétré par l'idée de la nation, de la République, c'était un grand républicain, un grand gaulliste", a-t-il dit saluant sa personnalité "passionnée".

La mort de Philippe Séguin "sonne comme un coup de tonnerre", a déclaré le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre saluant "un homme droit et passionnné qui a consacré toute son énergie au service des autres". "C'était un homme à caractère exceptionnel, il n'avait peur de personne, il résistait à tout, il avait de fortes convictions et beaucoup de courage, beaucoup d'audace", a déclaré l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, sur Radio Classique. "Non seulement c'était un orateur, mais il avait ce trait de caractère qui faisait de lui une personnalité à fort rayonnement dont le vide marquera la vie politique pendant des années", a-t-il ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, s'est dit "ému" et "admiratif de l'homme et de son parcours", et a fait part de "l'immense tristesse des parlementaires". "Il s'agit, a-t-il dit, avec Philippe Séguin d'une personnalité politique de première importance". "Il a contribué à la vie démocratique avec un talent incomparable, des convictions extrêmement fortes et un caratère extrêmement attachant même si ce caractère était l'objet de courroux aussi brusques qu'inattendus".

Il a salué "un très grand président" de l'Assemblée nationale, ajoutant: "C'est une très, très grande perte pour notre pays et notre démocratie".