"Les dirigeants russes, et manifestement le président Poutine, n'ont pas accepté l'indépendance de l'Ukraine et pensent qu'elle devrait faire partie de la Russie".

L'objectif du président russe Vladimir Poutine, accusé par Kiev et les Occidentaux de téléguider une insurrection pro-russe dans l'Est de l'Ukraine, est d'avoir "le contrôle total de l'Ukraine", a jugé mercredi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. "Je n'ai aucun doute sur le fait que le but de M. Poutine est d'avoir le contrôle total de l'Ukraine. Je ne dis pas que son objectif est nécessairement d'occuper tout le pays, mais d'avoir le contrôle total", a affirmé M. Barroso lors d'une intervention devant l'Atlantic Council, un cercle de réflexion de Washington consacré aux relations transatlantiques.

"En fait, il me l'a dit lui-même. Il a dit à plusieurs reprises qu'une Ukraine indépendante était une création de l'Ouest", a confié le président de la Commission, selon qui l'Ukraine représente la pièce centrale du projet d'union douanière que Moscou veut instaurer avec ses pays voisins.

Sur le plan émotionnel comme intellectuel, "les dirigeants russes, et manifestement le président Poutine, n'ont pas accepté l'indépendance de l'Ukraine et pensent qu'elle devrait faire partie de la Russie".

Les sanctions adoptées par l'Union européenne et les Etats-Unis ont pour but de montrer qu'il y aura de "graves conséquences" pour la Russie si elle continue à déstabiliser l'Ukraine, selon M. Barroso.

Alors que nombre d'observateurs mettent en avant le manque d'unité au sein de l'UE pour prendre des sanctions plus fermes, le président de la Commission a jugé que l'Union européenne faisait "beaucoup".

"Quoi que nous fassions, (les sanctions) auront davantage d'impact que ce peuvent faire les Etats-Unis, pour une raison simple: nous sommes le premier partenaire commercial de la Russie", a noté José Manuel Barroso.

Quant aux menaces russes de couper le robinet du gaz en direction de l'Ukraine, qui pourrait perturber l'approvisionnement de l'UE, le président de la Commission a également rappelé la dépendance russe à l'égard de l'Union.