Une intervention militaire étrangère en Syrie ne serait "pas la bonne voie", a estimé mercredi le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, quelques heures après qu'un haut responsable de l'Onu eut qualifié de guerre civile la situation dans ce pays.

"Une intervention militaire étrangère n'est pas la bonne voie pour la Syrie", a déclaré M. Rasmussen lors d'un discours devant des journalistes australiens, privilégiant une solution politique.

"Il n'y a aucun projet actuellement" pour une opération de l'Otan en Syrie, a-t-il ajouté.

"Cela dit, je condamne avec force le comportement des forces de sécurité syriennes et la répression sur les populations civiles", a encore dit le secrétaire général de l'Otan. "Ce dont nous sommes témoins est totalement scandaleux et (il n'y a) aucun doute que le régime syrien est responsable de violations des lois internationales".

La veille, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, avait fait état d'une situation de guerre civile en Syrie, où les combats entre forces gouvernementales et insurgés, et les bombardements sur les fiefs rebelles redoublent d'intensité.

A ce sujet, Anders Fogh Rasmussen, en visite diplomatique en Australie, a indiqué ne pas être certain si on pouvait parler de guerre civile, "d'un point de vue légal".

"Mais il est certain que la situation en Syrie est très sérieuse et nous avons vu des actes atroces commis par le régime et les forces qui lui sont loyales, et je condamne fermement ces actes", a-t-il dit.

M. Rasmussen a qualifié de "grave erreur" l'échec du Conseil de sécurité de parvenir à un accord sur les moyens d'accroître la pression sur Damas, estimant que la Russie aurait pu jouer "un rôle clef" pour arriver à la paix.

L'Otan n'abandonnera pas l'Afghanistan

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a promis mercredi de ne pas abandonner l'Afghanistan, alors que les troupes étrangères se retirent peu à peu du pays. "Nous n'abandonnerons pas l'Afghanistan, nous ne laisserons pas derrière nous un vide de la sécurité", a-t-il déclaré devant le Club de la presse national à Canberra, ajoutant tabler sur le retrait du président Hamid Karzaï lors des prochaines élections, comme prévu.

"Il y aura des partenaires, des alliés, qui vont réduire la présence de leurs troupes lors de la période de transition, mais ils ont indiqué qu'ils resteraient engagés pendant toute cette période de transition, jusqu'à la fin 2014", a déclaré le secrétaire général de l'Otan.

Il a dit comprendre l'impatience au sujet de ce conflit afghan interminable, soulignant que "les gens veulent voir la fin du tunnel".

"Les gens veulent voir des progrès, et moi aussi", mais "malgré cette impatience, tous les partenaires de la coalition de l'Isaf ont décidé de rester engagés, et de voir cette opération se terminer par un succès. C'est encourageant malgré la crise économique et une opinion publique de moins en moins favorable" à la présence étrangère en Afghanistan, a-t-il ajouté.

Près de 130.000 soldats de l'Isaf, dont 90.000 Américains, aident actuellement le gouvernement de Kaboul à faire face à la tenace rébellion menée par les talibans, chassés du pouvoir par les Occidentaux à la fin 2001.