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Étudiante russe de 18 ans, Anna risquait de se voir refuser la naturalisation française. Ses parents, eux, arrivés de Saint-Petersbourg avec les enfants en 2004, ont pu l'obtenir facilement. Pour elle, le processus était bien plus ardu. La jeune fille participait en effet de manière active à la Manif pour tous. Pour ne pas obtenir un « avis défavorable », les policiers lui auraient alors suggéré d'espionner le mouvement. Hier, c'est au Figaro qu'elle a choisi de décrire, à visage découvert, son entrevue secrète avec la police.

En septembre, au commissariat de Viroflay, Anna subit un « interrogatoire édifiant ». "Vous êtes de droite, je présume !", "Est-ce que vous êtes allée à la Manif pour tous ? Et vos amis de prépa ? Et ceux de votre ancien lycée versaillais ?" Les questions fusent et le commandant ajoute: "est-ce que vous trouvez que, quand on appartient à un pays, il faut aider la police?" Il finit par la menacer. Il émettra un « avis défavorable » au dossier de la jeune Russe, à moins qu'elle ne se rende à la Manif pour tous du 10 octobre et joue les espions. La police exige donc qu'elle leur livre les noms de certains participants. Anna ne s'y est pas rendue. Mais, elle a prévenu François-Xavier Bellamy, maire-adjoint de Versailles et partisan du mouvement. Il a fait cesser les pressions.

En menant son enquête, Le Figaro a finit par recevoir un appel de la préfecture des Yvelines. Les journalistes ont donc appris que le dossier de naturalisation d'Anna avait été accepté. Hier matin, le ministère de l'Intérieur a publié un communiqué suite aux révélations du quotidien. Il annonce que l'inspection générale de la police est saisie d'une enquête. Les conclusions devraient être rendues d'ici un mois.