BHL est partout. Accoudé au zinc du Café de Flore, sur les plateaux télé et même au Kurdistan. Mais toujours sapé comme un prince, quelles que soient les conditions. Après que sa dernière séance aux côtés des combattants kurdes qui luttent contre Daech à la frontière turco-syrienne ait suscité plus de railleries que de compliments, le philosophe-poseur a commenté la photo du petit Aylan, cet enfant syrien de trois ans retrouvé mort sur une plage turque.

"Une image, lorsqu'elle fait le tour du monde, peut avoir la vertu de réveiller les consciences, de casser la froide mécanique des chiffres et donner un visage aux statistiques", a expliqué BHL sur BFM TV. Des propos auxquels Michel Onfray, lui aussi grande figure de l'intelligentsia parisienne, a vivement réagi. "Il a pas honte, lui franchement", a-t-il répondu. "Il ferait mieux de rester caché. Vu ce qu'il advient aujourd'hui, il ferait mieux de rester chez lui." 

L'auteur du Crépuscule d'une idole poursuite l'analyse: "C'est quelqu'un qui a appelé à bombarder la Libye, à tuer des Libyens, sous prétexte qu'en les tuant, on rendrait possible la démocratie", explique-t-il. "On a détruit un État qui valait ce qu'il valait, mais avec lequel on pouvait discuter. Là, on ne peut plus rien faire, c'est une base extraordinaire pour le terrorisme aujourd'hui. Responsable, coupable de rien, Bernard-Henri Levy ? Il vient nous expliquer qu'il faudrait faire ceci, cela. On a encore vu des photos de lui récemment où il donne des conseils aux gens qui combattent. Il faut faire preuve d'un peu de pudeur." 

Michel Onfray va même plus loin: "Tous ces gens qui ont rendu la possible la mort de cet enfant, il en fait partie." "Il est complice ?", lui demande la journaliste qui lui fait face ? Réponse d'Onfray: "Oui, évidemment. Evidemment, il est complice, comme d'autres le sont: les présidents de la République d'hier et d'aujourd'hui, qui défendent exactement la même ligne et s'offusquent aujourd'hui de cette photographie. Ce sont des criminels, leur politique est criminelle. Il faut commencer par arrêter cette politique internationale."