Avec les attentats de Paris, la France est spécifiquement visée par l'Etat islamique (EI) pour avoir lancé, au mois de septembre, des frappes ciblées contre ses camps d'entraînement de djihadistes français et étrangers en Syrie.

Dans un communiqué sonore diffusé ce samedi matin en français, l'EI accuse Paris à la fois “d'insulter le Prophète”, de “combattre l'islam en France”, mais aussi “de frapper avec ses avions les musulmans en terre de califat”.

Agissant hors de la coalition internationale qui frappe à la fois en Irak et en Syrie, la France a choisi de faire cavalier seul en s'appuyant sur l'article 51 de la Charte des Nations unies qui porte sur la légitime défense, un “droit naturel” selon l'Onu, “dans le cas où un membre des Nations unies est l'objet d'une agression armée”.

Menace des camps de Daech

La France estime – et les faits lui donnent raison - que ces camps d'entraînement constituent une menace contre la sécurité nationale et qu'à ce titre, elle doit agir de manière préventive. Au quotidien Le Monde, le 18 septembre, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait expliqué qu'il fallait viser “les centres de formation des combattants étrangers” qui préparent ces derniers “non plus uniquement en vue de contribuer aux combats de Daech au Levant, mais pour intervenir en Europe, en France en particulier”.

Jusqu'en septembre, François Hollande refusait de frapper en Syrie en raison d'une absence de mandat du Conseil de sécurité de l'Onu, bloqué par la Russie. La Belgique n'a, elle, pas fait ce pas, mais une discussion est en cours au sein du gouvernement Michel pour voir sur quelles bases on pourrait justifier d'étendre à la Syrie les frappes qui ont déjà eu lieu en Irak. La prochaine relève des F-16 belges en Irak aura lieu à la mi-2016.

Les avions français ont bombardé un camp près de Deir Ezzor le 27 septembre. Dans la nuit du 8 au 9 octobre, ils ont frappé un deuxième camp d'entraînement près de Raqqa. Six djihadistes français ont été tués dans ce raid qui visait, selon la presse française, Salim Benghalem, 35 ans, originaire du Val-de-Marne et présenté par les services de renseignement comme le responsable de l'accueil des Français et des francophones au sein de l'Etat islamique. On ignore si des ressortissants belges se trouvaient parmi les victimes.