International

Le président russe, Vladimir Poutine, a nié mardi que les forces russes sont intervenues en Ukraine mais averti que la Russie pourrait envoyer des soldats dans l'ex-république soviétique pour protéger ses citoyens.

Interrogé lors d'une rencontre avec la presse dans la banlieue de Moscou par un journaliste lui demandant si des forces russes opéraient en Crimée, où les bases ukrainiennes sont encerclées par des hommes aux uniformes ne portant aucun signe d'identification, M. Poutine a répondu: "non, elle ne participent pas. Ce sont des forces locales d'auto-défense". Le secrétaire d'État américain, John Kerry, attendu à Kiev mardi, avait dénoncé très fermement samedi "l'invasion et l'occupation" de l'Ukraine par la Russie, alors que les nouvelles autorités pro-occidentales à Kiev ont fait état de l'arrivée en Crimée de plusieurs milliers de soldats russes ces derniers jours.

M. Poutine a ajouté qu'une intervention militaire russe en Ukraine n'était "pas nécessaire pour le moment" mais que la Russie se réservait le droit de recourir à "tous les moyens" pour protéger ses citoyens dans ce pays plongé dans une grave crise politique. "Si nous prenons la décision d'utiliser les forces armées en Ukraine, elle sera tout à fait légitime, en complet accord avec le droit international, dans la mesure où nous avons une demande du président légitime (Victor Ianoukovitch). Nos obligations coïncident dans ce cas avec nos intérêts à défendre les gens que nous considérons proches du point de vue historique, culturel, économique", a-t-il déclaré, précisant que cela relèverait alors d'une "mission humanitaire".

Ce sont les premières déclarations publiques de M. Poutine depuis la destitution le 22 février par le Parlement ukrainien à Kiev du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, réfugié en Russie. "Nous avons une demande du président légitime", Viktor Ianoukovich, pour effectuer une intervention militaire en Ukraine, a souligné M. Poutine, considérant que ce dernier est toujours le chef de l'Etat ukrainien. "Il n'y a du point de vue juridique qu'un seul président légitime, il est clair qu'il n'a aucun pouvoir. Mais, je l'ai déjà dit, je veux le répéter, ce président légitime du point de vue purement juridique est évidemment Ianoukovitch", a déclaré M. Poutine.

Il a estimé que les nouvelles autorités pro-occidentales à Kiev étaient arrivées au pouvoir par un "coup d'Etat". "Il ne peut y avoir qu'une seule appréciation sur ce qui s'est passé à Kiev et en Ukraine: il s'agit d'un coup d'Etat anti-constitutionnel, d'une prise de pouvoir par les armes", a affirmé M. Poutine. Le président russe a également estimé que Viktor Ianoukovitch n'avait "pas d'avenir politique". "Je le lui ai déjà dit", a déclaré M. Poutine.

Tirs de semonce en Crimée

Les forces russes qui encerclent la base aérienne ukrainienne de Belbek, près de Sébastopol en Crimée, ont tiré des coups de semonce sur les militaires ukrainiens qui tentaient de s'approcher, a annoncé mardi à l'AFP un officier ukrainien. Les hommes ont tiré en l'air lorsqu'un groupe de 300 militaires ukrainiens étaient en train de s'approcher de l'aéroport vers 09H00 (07H00 GMT), a déclaré par téléphone Oleksiï Khramov, un officier de la base. "Ils ont tiré plusieurs coups en l'air et ont dit qu'ils ouvriraient le feu s'ils continuaient de s'approcher", a-t-il dit. Les soldats ukrainiens se sont arrêtés et sont restés à l'extérieur de la base, selon la même source. Les forces russes encerclent la base de Belbek à l'intérieur de laquelle se trouvent des dizaines de soldats ukrainiens.