Vladimir Poutine s'est moqué jeudi de la déposition de l'ancien patron du FBI limogé par Donald Trump alors qu'il enquêtait sur l'éventuelle ingérence de Moscou dans l'élection américaine et a proposé sur le ton de la plaisanterie de lui donner "l'asile politique".

Le président russe a également accusé de nouveau les Etats-Unis d'ingérence partout dans le monde.

"Si des poursuites judiciaires sont lancées contre lui (James Comey), nous sommes prêts à lui donner l'asile politique en Russie", a déclaré, en plaisantant, le président russe, qui s'exprimait lors d'une émission annuelle de questions-réponses.

"Il faut qu'il le sache", a-t-il insisté.

M. Poutine est revenu sur les déboires de son homologue américain Donald Trump englué dans un bras de fer sur la Russie avec l'ex-chef du FBI.

M. Comey a été limogé le 9 mai par Donald Trump. Il a ensuite déclaré que si le président américain ne l'avait pas directement enjoint d'abandonner l'enquête sur les liens de l'ancien conseiller Michael Flynn avec la Russie, il avait compris le message de M. Trump comme un ordre.

Lors de son audition devant le Sénat américain, l'ex-directeur du FBI "a déclaré croire qu'il y a eu ingérence dans le processus électoral, il n'a montré aucune preuve, mais +il y a eu une influence sur nos esprits+, comme il dit", a résumé Vladimir Poutine.

M. Comey a dit qu'"il n'avait pas de preuves que nous ayons interféré dans le décompte des voix". "Dieu merci, c'est au moins ça !", s'est exclamé M. Poutine.

"Mais est-ce que ça se passe autrement dans le monde ? La propagande américaine continue, les tentatives permanentes des ONG pro-américaines... C'est quoi sinon une (tentative) +d'influencer nos esprits+? Ce n'est pas une tentative d'interférer dans notre campagne électorale?", a-t-il demandé.

Le président a ensuite accusé les Etats-Unis d'interférer partout où ils ont des "intérêts". "Que veulent-ils? Que nous nous inclinions devant eux ? Nous avons notre propre point de vue et nous le disons haut et fort", a-t-il ajouté, tout en précisant que "les Etats-Unis ne sont pas nos ennemis" et qu'il appelait au "dialogue" avec Washington.