Un avion de combat F-16 a "récemment" largué, lors d'un test, un exemplaire inerte de la nouvelle version de la bombe nucléaire appelée à devenir la plus commune dans l'arsenal nucléaire américain, la B61-12, pour un coût de plusieurs milliards, a annoncé l'US Air Force. Il s'agissait du premier test de ce nouvel engin mené avec un F-16. Il a été mené par un avion de la base aérienne Nellis (Nevada, ouest des Etats-Unis) sur un terrain d'exercice contigu à la base. Il visait à tester la capacité du chasseur de Lockheed Martin à larguer une telle bombe et le fonctionnement des composants non-nucléaires, comme le système d'armement et de tir, l'altimètre radar et l'ordinateur qui contrôle l'arme, a précisé jeudi la force aérienne américaine dans un communiqué, photo à l'appui, mais sans révéler la date du test.

Le programme B61-12 LEP ("Life Extension Program"), lancé en février 2012, doit permettre de moderniser les composants nucléaires et non-nucléaires pour prolonger la vie de l'actuelle bombe atomique en améliorant sa "sécurité" et sa "fiabilité". Elle doit remplacer les actuelles B61-3, -4, -7, et -10, dont certaines sont en service depuis la fin des années 1970. La puissance de chaque bombe peut-être réglée pour aller de 0,3 à 360 kilotonnes, soit l'équivalent de 360.000 tonnes de TNT.

Cet engin est destiné à remplacer les armes de ce type dans l'arsenal atomique américain, dont celles déployées en Europe et vraisemblablement sur la base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg).

L'US Air Force indique ainsi, en citant un des responsables de son centre des armes nucléaires (AFNWC), installé sur la base aérienne Kirtland, au Nouveau-Mexique (sud-ouest) que la bombe sera compatible avec les bombardiers B-2A, B-21 (le futur bombardier américain), les chasseurs tactiques F-15E et F-16C/D, F-16 MLU - le type d'avion utilisé par la composante Air de l'armée belge -, F-35 et PA-200 (la dénomination du chasseur-bombardier Tornado en service en Allemagne et en Italie). Selon Paul Waugh, elle pourra être emportée tant par des bombardiers que par des avions à double capacité au sein de l'Otan.

L'Administration nationale de sécurité nucléaire (NNSA), qui gère le programme en coopération avec l'AFNWC, avait annoncé l'an dernier le début de la production en série de la B61-12 à partir de 2020.

Mais les coûts du programme de modernisation ont dérapé: estimé au départ à quatre milliards de dollars, ils pourraient atteindre les 10 à 12 milliards de dollars, selon un panel du Pentagone.

Selon un expert de la Fédération des scientifiques américains (FAS) spécialisé dans l'armement nucléaire américain, Hans Kristensen, la base aérienne de Kleine-Brogel abrite une vingtaine de bombes B-61 d'une version plus ancienne, sur un total de 183 réparties à travers l'Europe.