Si les estimations de ce groupe d'observateurs haïtiens financé par l'Union européenne sont confirmées, Mme Manigat et M. Martelly se retrouveront lors du second tour qui doit avoir lieu le 16 janvier. Les premiers résultats officiels doivent être diffusés par le Conseil électoral provisoire (CEP) lundi ou mardi.

La semaine dernière, Mme Manigat et M. Martelly s'étaient déclarés confiants quant à leurs chances de se qualifier pour le second tour après avoir pris connaissance des premiers procès-verbaux rédigés dans les bureaux de vote.

Dans le même temps, le parti au pouvoir avait reconnu qu'il pourrait avoir perdu les élections. Cela n'a pas empêché des milliers de personnes de défiler au cours des derniers jours dans la capitale Port-au-Prince pour réclamer l'annulation des scrutins, les jugeant entachés de fraudes et d'irrégularités en faveur de Jude Célestin.

"Arrêtez (le président sortant) René Préval, destituez le Conseil électoral provisoire", ont encore scandé dimanche des manifestants défilant dans les rues de la capitale à l'appel d'une dizaine de candidats à la présidentielle.

Une note diplomatique américaine confidentielle de juin 2009 et publiée par le site WikiLeaks la semaine dernière a révélé que le président Préval avait cherché à "orchestrer" sa succession de peur d'être contraint à un exil forcé.

Le pays a connu coups d'Etat, régime dictatoriaux et élections truquées au cours de son histoire récente et plusieurs dirigeants ont été contraints à l'exil, dont le premier président élu démocratiquement, Jean-Bertrand Aristide.

Le CEP a reconnu des irrégularités et des fraudes imputées aux partis politiques et à la défaillance de la machine électorale, mais a validé les scrutins marqués aussi par des violences qui ont fait au moins deux morts.

La Mission conjointe de l'Organisation des Etats américains (OEA) et des pays du Marché commun de la Caraïbe (Caricom) qui joue un rôle d'observation du processus électoral s'est dite lundi dans un communiqué "très préoccupée par les diverses plaintes reçues concernant les actes dintimidation à lencontre des candidats impliqués dans le processus électoral en cours".

Ces élections sont cruciales pour le pays, le plus pauvre des Amériques, dévasté en janvier par un séisme qui a fait 250.000 morts et 1,3 million de sans-abri et aux prises avec une épidémie de choléra qui a fait jusqu'ici 2.071 morts, selon un bilan diffusé lundi par le ministère de la Santé haïtien.

Plus de 90.000 cas de cette maladie très contagieuse ont été enregistrés depuis la mi-octobre, sa progression ne semblant pas ralentir.

Selon l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il pourrait y avoir jusqu'à 400.000 cas de choléra au cours des 12 prochains mois, dont la moitié au cours des seuls trois prochains mois.

Les résultats définitifs du premier tour seront communiqués le 20 décembre, indique le CEP sur son site internet.