© Montage

International

Présidentielle: les 4 fantastiques (ou pas)

Caroline Grimberghs

Publié le - Mis à jour le

Un p’tit tour et puis s’en vont : 4 candidats se sont lancés dans la course à la présidence de la République française et n’ont absolument aucune chance d’être massivement plébiscités. Ils le savent. Ils n’en n’ont cure. Là n’est pas l’ambition. Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade veulent lancer les débats qui dérangent. Poser les questions que les autres ne soulèveront pas. Et assurer les principes de la démocratie dont l’un des piliers est ce multipartisme qui offre un choix varié aux électeurs.

Ils sont de tous âges et de toutes conditions : un panel presque aussi varié qu’un casting de Koh-Lanta. L’un vient de Seine-Saint-Denis, l’autre de Drôme, le troisième du département de l’Essonne et l’un d’entre-eux est même né à Buenos Aires. Qui est qui ? A la limite, peu importe. L’important, c’est le choix qu’ils incarnent. Ils se présentent au nom de Debout la République, Solidarité et Progrès, Lutte Ouvrière ou le Nouveau Parti Anticapitaliste. Ils ont droit au même temps de parole que leurs adversaires plus connus du grand public et ils s’en serviront d’ici au 22 avril, date de fin annoncée de leur campagne.

Les gauchistes de la bande

Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) a la tâche difficile de remplacer dans le cœur des électeurs le postier charismatique Olivier Besancenot. L’homme est reparti sur les routes distribuer le courrier et a éteint son flambeau. Poutou est donc bombardé « candidat ». Lui-même fils de postier, il est ouvrier et syndicaliste CGT dans l’usine où il officie. Ancien de Lutte ouvrière, il milite depuis les années 80 et se présente comme un ‘baba-cool anarchiste’. Son entrée en campagne a été plutôt désastreuse, à l’image de son passage dans l’émission flingueuse de Laurent Ruquier : "Vous êtes totalement inconnu. Heureusement, il y a votre nom qui vous sauve" avait balancé tout de go l’animateur de France 2. Une prestation qualifiée de "carnage" par le Nouvel Obs qui parle de "mort du nouveau-né médiatique" et de "diner de cons en direct". Un jugement dur pour un candidat certainement trop candide... C’en est presque mignon.

Nathalie Arthaud (LO), bras droit de l'indéboulonnable Arlette Laguiller (6 fois candidate à la présidentielle) prend cette fois elle-même les rênes du parti Lutte Ouvrière. Elle se lance dans la course avec la fierté d’être la première à déposer les 500 signatures nécessaires à sa candidature. C’est sa seule victoire pour le moment, vu qu'elle n’est créditée que de 1% d’intentions de vote, là où Laguiller récoltait 5,7% en 2002 (mais 1,3% en 2007...). A la question « pourquoi voter Arthaud ? », on obtient essentiellement des réponses à la forme négative : désaveu contre Sarkozy, rejet de tous les candidats de la droite, méfiance à l’égard de Hollande, expression d'un écœurement,... Et puis, finalement, allez, pourquoi pas, si vous insistez, pour exprimer la conviction que, « si les élections ne peuvent pas changer la vie, la lutte collective des exploités en a la force et la possibilité ».

Les énarques de la bande

Deuxième campagne présidentielle pour Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès). Comment ça vous ne vous souvenez pas de la première ? C’était en 1995 et il était qualifié de « gourou de secte », d'« agent de la CIA », ou encore de « candidat de Saddam ». Voilà qui fait beaucoup pour un seul homme, accusé également par certains d’antisémitisme. En 2002 et 2005, il ne se présente pas, faute des 500 sésames nécessaires. En 2012, il est bien de la partie et on se demande comment il a convaincu 500 maires avec, dans son programme, rien de moins qu’instaurer l’apprentissage du chant-choral à l’école, sans oublier la colonisation prévue, dans deux générations, de Mars et de la Lune. Mais attention à ne pas « folkloriser un savant farfelu aux thèses ébouriffantes » (loin de nous cette idée...) prévient le rédacteur en chef du journal Le Point, Hervé Gattegno, qui considère que Cheminade est le plus inquiétant des candidats.

Le plus connu des 4 pré-cités est sans conteste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) qui appelle la République à se mettre sur ses deux pieds. Il a quitté l’UMP en 2007 (après avoir tenté, à deux reprises d’en prendre les rênes), créé son parti, siégé à l’Assemblée Nationale sur le banc des « non-inscrits ». Précoce, le bonhomme : il milite pour sa première présidentielle à 13 ans, en faveur de Chaban-Delmas. 38 ans plus tard, il milite pour son propre compte. Se réclamant du gaullisme, il appelle à la sortie de l’euro. Nicolas Dupont-Aignan est crédité d’1% d’intentions de vote.

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci